La lettre : Noël 2016, Vigi-chrétien… Pourquoi pas ?

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Durant le temps de l’Avent Jésus nous invite à veiller (vigilare en latin). En d’autres termes à être vigilant.

Bien sûr nous devons être plus que jamais vigilant dans tous les domaines de la vie publique face aux dangers qui menacent. Mais le temps de l’Avent et la fête de Noël nous invite à l’être aussi au plan chrétien tant il est vrai que Noël évoque de nos jours des réalités diverses et contrastées parfois loin de la dimension spirituelle de cette fête.

Le débat sur la présence de crèches dans les lieux publiques et la publicité pour les calendriers de ce temps avant Noël sont  les signes  les plus lisibles d’une diversité de sens où le christianisme est l’un au milieu de tant d’autres.

Devant cette situation, il ne s’agit pas simplement d’accuser les chrétiens d’avoir manqué à leur devoir. Ce serait là oublier un peu vite l’apport considérable du christianisme à la civilisation et la vitalité profonde de l’Église. (Cf. le livre de René Rémond les grandes inventions du christianisme. Bayard Éditions)

La cause est sans doute à chercher dans les transformations sociétales et culturelles nombreuses qui ouvrent devant nous un horizon où le christianisme doit composer avec d’autres réalités fort complexes et y être, de manière nouvelle, force de proposition sans céder à la peur.

Et vous que faites-vous à Noël ?

Porteur du message qui est le leur : la naissance du Sauveur, les chrétiens, à Noël plus qu’en d’autres moments peut-être, peuvent-ils sans prosélytisme, mais réellement, partager les convictions qui les animent et les font vivre.

A eux d’être attentif pour manifester qu’être vigilant veut dire d’abord déployer tous ses talents pour le service de la vie du monde et particulièrement pour la sauvegarde de la création et remettre debout ceux que la vie écrase.

Aux chrétiens aussi de faire preuve de vigilance dans leur relation personnelle au Christ afin que celle-ci témoigne d’une dimension de prière et d’intériorité que le consumérisme et les addictions de toutes sortes ne saurait égaler.

A eux enfin d’être vigilant à montrer qu’on n’est pas chrétien tout seul et qu’au cœur du projet chrétien il y a déjà le rassemblement fraternel de l’humanité que l’Église  a mission première de signifier.

Noël est un moment favorable de partage même si, comme le disait si bien Madeleine Delbrel, la situation de ne pouvoir toujours partager leur foi avec ceux qu’ils aiment et leur sont proches oblige aussi, et peut-être surtout à Noël, les chrétiens à faire l’expérience d’une certaine et profonde solitude où ils rejoignent tant d’autres à qui personne ne fait attention.

L’accueil du salut dans la fragilité d’un nouveau-né est aussi l’expérience de chacun en un vaste monde où la route est moins que jamais tracée d’avance.

Que Noël vous soit, ami lecteur, un moment de lumière, d’espérance et de fraternité.

Être chrétiennement vigilant dans ce temps de Noël, c’est aussi porter un certain regard sur les autres.

Père Édouard Bois, Chapelain de Notre-Dame de la Sagesse

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