La lettre : Bon anniversaire !

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La présence du Cardinal André Vingt-Trois, notre Archevêque, pour l’anniversaire des 15 ans de Notre–Dame de la Sagesse nous honore et nous remplit de joie.
Mais les tragiques événements de ce vendredi 13 ne sauraient être oublié.
Alors que célèbre-t-on exactement en fêtant les 15 ans de la Chapelle en la fête du Christ Roi de l’univers ?
Sans oublier la construction voulue par le Cardinal Lustiger de la chapelle, qui est une référence architecturale notoire puisque classé au patrimoine du 20ème siècle, nous fêtons l’anniversaire de la naissance d’une communauté.
Une communauté qui depuis 15 ans, sous l’impulsion de ses chapelains et l’engagement des chrétiens a contribué, pour sa part et avec d’autres, à donner une âme à un quartier tout neuf, en favorisant les liens entre ceux, très divers, qui sont venus y vivre.
La chapelle a été construite en même temps que s’édifiait peu à peu la BNF, les Facultés, les immeubles d’habitation ou les bureaux.
Les enfants nés et baptisés dans ces quinze dernières années sont le plus beau symbole de cette croissance et de cette volonté d’attention mutuelle.
Sans doute aussi l’épisode marquant de la chute de la grue sur la chapelle qui a épargné un immeuble reste-t-il dans la mémoire des premiers habitants qui en parlent encore. Personne n’a oublié, non plus, le dramatique incendie d’un immeuble bd Vincent Auriol dont le jardin mitoyen de la chapelle porte le nom et fait mémoire.
Des liens se sont ainsi peu à peu tissés, au fil de la vie ordinaire, entre la chapelle et des habitants qui devaient tout apprendre du vivre ensemble sociétal.
Si la dimension culturelle a tenu une grande place dans la feuille de route de la chapelle, elle ne suffit pas à résumer les appels nés de cette vie qui grandissait et où s’est mêlée, dans la communauté, l’attention aux résidents, aux professionnels et aux visiteurs de passage. Chacun étant invité, par des relations de proximité, à se rendre sensible à la nouveauté de l’autre et au maillage d’une vie partagée.
Mais l’histoire est loin d’être achevée. La halle Freyssinet toute proche en rénovation, les ensembles de bureaux ou d’habitation et autres projets encore à construire solliciteront une attention toujours soutenue et un devoir d’accueil et « d’aller vers » qui devra prendre des formes multiples.
Nul doute que l’attention à l’autre soit une des clefs de la spiritualité de la Chapelle.
Nous pouvons volontiers faire nôtre cette parole de Madeleine Delbrel (Ivry n’est pas loin) : « Chaque petite action est un événement immense où le paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.»
Cet anniversaire est révélateur d’un enjeu missionnaire et des fruits déjà portés.
« Annoncer – Partager – Transmettre ». Cette invitation de notre Archevêque doit ici trouver forme de manière originale. « Dieu ne nous demande pas l’impossible, mais il nous demande de faire tout ce que nous pouvons pour que son amour de l’humanité trouve son expression concrète et tangible en notre temps et dans notre ville de Paris. » (Mgr Vingt-Trois)

Père Edouard Bois,

Chapelain de ND de la Sagesse

« Un jour de plus commence, Jésus en moi veut le vivre. Il ne s’est pas enfermé.

Il a marché parmi les hommes.

Avec moi, il est parmi les hommes d’aujourd’hui. Il va rencontrer chacun de ceux qui entreront dans la maison, chacun de ceux que je croiserai dans la rue, d’autres riches que ceux de son temps, d’autres pauvres, d’autres savants et d’autres ignorants, d’autres petits et d’autres vieillards, d’autres saints et d’autres pécheurs, d’autres valides et d’autres infirmes.

Tous seront ceux qu’il est venu chercher.

Chacun, celui qu’il est venu sauver.

A ceux qui me parleront, il aura quelque chose à répondre.

A ceux qui manqueront, il aura quelque chose à donner.

Chacun existera pour lui comme s’il était seul.

Dans le bruit, il aura son silence à vivre. Dans le tumulte, sa paix à mouvoir.

Jésus en tout n’a pas cessé d’être le Fils. En moi il veut rester lié au Père.

Doucement lié, dans chaque seconde, balancé sur chaque seconde comme un liège sur l’eau.

Doux comme un agneau devant chaque volonté de son Père.

Tout sera permis dans le jour qui va venir, tout sera permis et demandera que je dise «  oui ».

Le monde où il me laisse pour y être avec moi ne peut m’empêcher d’être avec Dieu ; comme un enfant porté sur les bras de sa mère n’est pas moins avec elle parce qu’elle marche dans la foule.

Jésus partout n’a cessé d’être envoyé. Nous ne pouvons pas faire que nous ne soyons, à chaque instant, les envoyés de Dieu au monde.

Jésus en nous ne cesse pas d’être envoyé, au long de ce jour qui commence, à toute l’humanité, de notre temps, de tous les temps, de ma ville et du monde entier.

A travers les proches frères qu’il nous fera servir, aimer, sauver, des vagues de sa charité partiront jusqu’au bout du monde, iront jusqu’à la fin des temps.

Béni soit-il ce nouveau jour, qui est Noël pour la terre, puisqu’en moi Jésus veut le vivre encore. Ainsi soit-il. »

« Prière du Matin » de Madeleine Delbrel (1904-1964)

Madeleine Delbrel est une mystique chrétienne. Pour elle dans son travail d’assistante sociale à Ivry il s’agit « d’y être le Christ » et non « d’y travailler pour le Christ » en rencontrant les gens où ils vivent, en devenant leur ami, en les recevant chez soi et en s’entraidant. Elle a fondé « les Equipes Madeleine Delbrel »    

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