Tout pardonner – 10° dimanche B – 1à juin 2018

Est-ce possible ? Jésus a l’air de dire qu’il y a une chose impardonnable : le blasphème contre l’Esprit. Comment comprendre alors tous les appels au pardon qu’il nous adresse souvent dans l’évangile ? Un jour, en réunion de préparation au baptême, nous échangions sur le Notre Père et une femme dit : « je suis prête à tout pardonner, sauf à un prédateur qui ferait du mal à mon enfant ». Elle mettait une limite à son pardon et chacun la comprenait. Jésus fait-il de même ?

Ce verset du blasphème impardonnable contre l’Esprit a fait couler beaucoup d’encre, car il semble en contradiction avec les enseignements de Jésus et surtout avec ce qu’il a vécu lui-même. Sur la croix ne demande-t-il pas à son Père de leur pardonner parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ? Ne nous a-t-il pas dit de pardonner 70 fois 7 fois, c’est-à-dire en permanence ? Alors comment comprendre ce verset de l’évangile de Marc qui se retrouve d’ailleurs chez les synoptiques. Des scribes, spécialistes des Ecritures, affirment que Jésus est possédé du démon. Il est donc identifié au mal. Si c’est vrai, comment pourrait-il pardonner les péchés et les blasphèmes ?  Pour les chrétiens, Jésus au contraire est Fils de Dieu et il en a le pouvoir, mais il ne peut pardonner à ceux qui l’identifient au mal et lui dénient tout pouvoir de pardon. Autrement dit pour être pardonné, il faut reconnaitre que l’autre peut le faire et l’accepter.

Le pardon est difficile, la réconciliation encore plus. Pardonner, c’est un acte volontaire et libre que je fais pour arrêter une histoire de malheur. Quand nous sommes profondément blessés, nous avons tendance à attendre que l’autre vienne nous demander pardon. Par expérience, nous savons que le temps est  parfois long !  A nous de sortir du malheur pour être heureux, d’arrêter les hostilités, les rancunes et les rancoeurs et de faire le premier pas en vivant le pardon à notre niveau. Des exemples peuvent nous aider sur cette voie du pardon : la Pape Jean-Paul II, Ingrid Bettancourt, et bien d’autres autour de nous. Pardonner c’est aimer. Le péché nous enferme, nous rend malheureux, le pardon nous libère et nous rend la joie et la paix.

Ce message de Jésus est constant. Il le répète souvent et il nous donne des exemples multiples : la femme adultère, le fils prodigue, le reniement de Pierre, etc. A chacun de pardonner d’abord lui-même pour ensuite vivre, si c’est possible la réconciliation avec l’autre. Celle-ci n’arrive que lorsque chacun de son côté à fait œuvre de pardon. Nous les chrétiens, à l’exemple du Christ nous devons être capables de tout pardonner, mais nous ne pouvons y arriver qu’avec la grâce de Dieu.

Père Jean COURTES

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