Jésus homme libre ! – 8 juillet 2018

La scène de l’évangile de ce dimanche met en lumière les relations compliquées que Jésus a eu avec les gens de Nazareth. Ils le connaissent bien. Certains l’ont vu grandir, travailler, ont été à l’école avec lui, tous connaissent sa famille et ont prié avec lui à la synagogue. Pour eux, Jésus est le fils de Marie et Joseph, il est charpentier, il est l’un d’entre eux.

Il part, il devient un rabbi, un homme de Dieu qui parcours le pays et qui prêche. Quand il revient au pays, ses concitoyens prennent conscience qu’il n’est plus tout à fait comme avant, comme eux ; sa parole est étrange, ils ont entendu parler de ses miracles. Ils sont déroutés et se posent la question : d’où cela lui vient-il ? Qui est-il au fond ?

Baptisés, catéchisés, pratiquants depuis toujours, nous connaissons Jésus par cœur. L’évangile n’a aucun secret pour nous. Nous l’avons entendu déjà plusieurs fois en entier. Nous aimons ses paroles et nous sommes sensibles à beaucoup de ses gestes. Mais ne l’avons-nous pas enfermé dans un personnage, dans un rôle ? Sommes-nous encore étonnés par certaines de ses paroles, de ses réactions, de ses demandes ? Quand nous l’entendons dire au jeune homme riche : « va, vends tout ce que tu as, puis viens et suis-moi », ou à la femme adultère : « va et ne pêche plus », l’entendons-nous pour nous aujourd’hui ? Si ces paroles ne s’adressent qu’à eux, elles perdent de leur force, elles deviennent une belle histoire.

Nous risquons d’avoir réduit, enfermé Jésus dans un certain personnage qui ne correspond pas à ce qu’il est vraiment : la parole de Dieu faite chair. Or, il faudrait qu’il nous surprenne encore et toujours, parce qu’il s’adresse à nous, parce que sa bonne nouvelle est pour nous aujourd’hui. Reprenons le cas du jeune homme riche : Jésus nous dit à nous que si nous voulons être un de ses disciples, il faut vendre des biens, partager avec les pauvres et nous mettre à son école. Certes la parole est radicale et nous ne sommes peut-être pas en mesure de la vivre tout de suite dans son intégralité. Mais, pourquoi nous mettre en route pour ? Et quand il dit à la femme adultère de changer de vie, c’est aussi à nous qu’il s’adresse. Alors qu’entendons-nous ?

Des milers d’hommes et de femmes ont entendu cette parole de Jésus retransmise par les disciples et les évangélistes. Ils se sont dits eux aussi que tout seuls ils n’y arriveraient pas. Alors, ils ont compté sur l’Esprit saint et son soutien. Ils ont tenu ferme dans la foi car au fond de leur cœur, Dieu leur a dit : « va, ma grâce te suffit ». Aujourd’hui, il nous le redit pour que nous osions être ses disciples.

Père Jean COURTES

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