N’enfermons pas ! – 4° dimanche C – 3 février 2019

Jésus commence sa mission en affirmant que nul n’est prophète dans son pays. Nous le savons par expérience, les liens de sang, familiaux et de longue proximité nous enferment dans une certaine vision des personnes. Nous croyons savoir ce qu’elles pensent, ce qu’elles sont, ce qu’elles vont dire, etc. ? Comment peuvent-elles nous surprendre ? Quand elles le font, nous trouvons les explications pour étouffer la nouveauté. Jésus en fait l’expérience : les Nazaréens savent qui il est, le fils de Joseph,  le charpentier, etc. Pour vivre sa mission, Jésus va partir, sortir de son milieu pour avoir les mains libres, des oreilles et des cœurs neufs, capables de l’écouter. Les ruptures sont nécessaires pour « faire sa vie », comme on dit, car les liens naturels nous ligotent trop souvent pour que nous puissions donner notre pleine mesure.

La Parole de Dieu a besoin de liberté. Elle ne peut être portée que par des hommes et des femmes qui ont quitté leurs rivages familiers pour s’aventurer en terre inconnue et nouvelle. Elle ne peut être entendue que si ceux qui parlent ne sont pas enfermés dans des cases étroites et étiquetées. La Parole de Dieu a besoin  d’espace et de liberté, car elle cherche à entrainer ailleurs et à proposer de vivre autrement. Elle a besoin de notre étonnement pour que nous soyons en éveil.

La force de l’évangile est de nous toucher encore aujourd’hui. Comment se fait-il que ce texte lu et entendu des centaines de fois, nous parle encore maintenant ? Tout simplement parce que celui qui parle est vivant, c’est lui, Jésus ressuscité qui nous adresse la parole et qui nous redit son amour et son désir de vivre avec nous. Encore faut-il que nous ne l’ayons pas enfermé dans une image, une fonction ou une certaine idée de Dieu. Lire sa parole et la laisser agir en nous, suppose une purification régulière de nos représentations, de nos façons de penser et de le voir. Si nous voulons que sa parole nous parle encore, accueillons-la avec curiosité et confiance. Elle peut changer notre vie car elle inscrit dans notre cœur l’amour et la joie de Dieu.

Père Jean COURTES

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