Heureux ceux qui espèrent en Dieu ! – 17 février 2019 – 6° dimanche C

Les béatitudes de saint Luc nous étonnent et peut-être même nous mettent mal à l’aise, puisqu’elles sont suivies de malédictions. Nous avons du mal à les voir dans la bouche de Jésus. Alors comment comprendre ce texte aujourd’hui ? Quelle Bonne Nouvelle possible pour nous ?

Le début du texte nous donne un renseignement précieux : Jésus parle à une multitude de gens et il prend ses disciples comme sujets de son propos. Jésus parle d’eux et pour eux. Autrement dit, pour bien comprendre sa parole, il faut être disciple, croire en lui et accorder du crédit à sa parole. Que dit-il ? Heureux ceux qui manquent de pain, de joie, de considération. Malheureux ceux qui ont du pain, de la joie et de la considération. C’est le monde à l’envers puisque nous travaillons toute notre vie pour avoir de quoi manger, être heureux et bien au milieu des autres. Jésus va même dire que les premiers ont un avenir, alors que pour les autres, l’horizon est bouché, comme pour les faux prophètes. Difficile à entendre !

Qu’est-il promis aux disciples ? Une grande récompense dans le ciel, le royaume de Dieu, que lui seul peut leur donner. Les autres n’ont pas d’avenir, puisqu’ils ont leur récompense dès maintenant. Ils finiront comme les faux prophètes. La perspective n’est pas très réjouissante, car nous avons beau hésiter à nous mettre dans un camp, nous savons bien que nous faisons partie de ceux qui ont.

Jésus nous montre ses disciples, ceux qui écoutent sa parole et qui la vivent. Avec eux, nous pourront entrer dans le Royaume de Dieu qui nous est promis. Faut-il alors devenir pauvre, nous mettre dans le manque, la tristesse, la solitude ? Non, mais nous rendre dépendant de cette parole de Jésus, savoir que notre avenir avec Dieu est dans notre lien avec lui. Sa parole nous invite à vivre dans le manque, non comme des repus de l’avenir, qui ont tout, mais au contraire comme ceux qui savent que l’essentiel est devant eux et que s’ils croient il leur sera donné par un autre. Cette page d’évangile est un petit traité d’espérance. Heureux ceux qui savent que leur bonheur dépend des autres et pour le chrétien de Dieu.

 

Père Jean COURTES

 

Les commentaires sont fermés