Humilité et vérité ! – 8° dimanche C – 3 mars 2019

Voici un évangile qui nous touche tous, tant nous sommes enclins et prompts à voir les défauts et les erreurs des autres plutôt que les nôtres. Nous avons même parfois tendance à amplifier pour grossir et critiquer encore plus et nous donner le beau rôle. En famille, entre amis, au travail, en communauté, nous n’avons pas de mal à trouver les pailles, les failles  pour critiquer, dévaloriser et souvent blesser tel ou tel. Oui, je vois parfaitement la paille dans l’œil de mon voisin, alors que ne je veux pas voir la poutre du mien. Ca fait trop mal !

Jésus ramène ses disciples à la vertu d’humilité et de vérité. Rappelons-nous le récit de la femme adultère en Jean 8. Ils sont là à accuser cette femme et à demander sa mort et Jésus va les renvoyer à leur conscience : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » Ils s’en allèrent tous en commençant par les plus vieux. Ou encore, le nombre de fois où Jésus est critiqué parce qu’il est allé manger chez un pécheur, comme Zachée par exemple. Ou encore, parce qu’il ne respecte pas le jour du sabbat, alors qu’il vient de guérir quelqu’un, etc.  La Bonne Nouvelle de cet évangile est de nous ramener à la vérité sur nous-mêmes. Qui sommes-nous pour critiquer et juger les autres ! Regardons-nous avec lucidité et vérité et soyons bons et miséricordieux avec les autres, comme Jésus nous en donne l’exemple. Nous irons mieux et eux aussi !

Bien sûr, cet évangile peut et doit être lu et entendu dans le contexte et le climat de l’Eglise d’aujourd’hui. Elle a une mission, une Bonne Nouvelle à annoncer au monde et elle le fait concrètement en intervenant sur des questions précises, politiques, économiques, sociales, religieuses : guerres, immigrations, déséquilibres économiques mondiaux, inégalités multiples, respect des croyances et des consciences, et. Mais le scandale qu’elle vit aujourd’hui avec les abus sexuels, de pouvoir et de conscience de certains de ses dirigeants, l’oblige à l’humilité et à la vérité. Même si la réalité nous attriste et nous choque, il faut que l’Eglise fasse la vérité et qu’elle sorte d’un silence dévastateur. Jean le dit dans son évangile en 8, 32, « la vérité fera de vous des hommes libres ».

La parole de l’Eglise ne sera crédible qu’au prix de l’humilité et de la vérité. Alors que les lois de bioéthiques sont en cours de révision en France, ses propositions seront reçues si elles ne condamnent pas, sont empreintes de compassion pour ceux qui souffrent et ouvrent vers un avenir plus humain. Puissions-nous ensemble vivre et dire simplement que l’amour de l’homme est le chemin choisit par Dieu en Jésus. C’est le chemin de la reconnaissance mutuelle, de la fraternité, du soutien. C’est le chemin  du cœur. Puisse Dieu changer notre cœur de pierre en cœur de chair aussi bien pour chacun d’entre nous que pour notre Eglise.

 

Père Jean COURTES

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