Laissons-nous toucher par le Christ ! 2° dimanche de Pâques

L’autre jour, une personne qui a été opérée du genou m’a montré sa cicatrice et m’a expliqué en détail l’intervention chirurgicale. Elle a rajouté : « tu peux toucher, ça fait pas mal ! » Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus fait la même chose en présentant à ses disciples ses mains et son côté, autrement dit ses blessures. Doublement effrayés, d’abord par son apparition soudaine et inattendue et aussi par la vue des plaies, Jésus les rassure : «  La paix soit avec vous ! » et il les envoie en mission. Leur peur s’estompe, sa présence les rassure, car c’est bien lui en personne, le Fils du Père, qui a partagé avec eux les trois dernières années, qui a été crucifié et qui est là devant eux de nouveau. Nous pouvons imaginer la difficulté de Thomas à croire leur récit de cette rencontre. D’où sa réaction qui est peut-être la nôtre.

Comment croire en la résurrection de Jésus ? Quelles preuves pouvons-nous avoir ? Le témoignage des disciples suffit-il ? Thomas lui-même nous répond : laissez-vous toucher par le Christ ! Voici le renversement : nous voulons comme lui le voir, le toucher, vérifier que c’est bien lui et pas un autre, et c’est lui qui vient à notre rencontre sous plusieurs modes.

D’abord, il est là par sa parole de vie, son évangile qui nous parle de Dieu, de son alliance, de son amour pour nous et notre monde. Cette parole nous met en relation avec le Père. Elle est porteuse de vie, d’espérance et de paix. Nous pouvons en faire l’expérience tous les jours.

Ensuite, le Christ ressuscité est dans « l’entre nous » des chrétiens. C’est lui qui nous rassemble, qui nous lie, qui est l’objet de notre foi, de notre espérance et de notre amour. C’est lui qui crée entre nous cet espace de fraternité où nous nous sentons en communion les uns avec les autres.

Enfin, le Christ ressuscité vient nous toucher dans les corps blessés par la maladie, la pauvreté, les violences. Ils nous parlent de la mort bien sûr, mais aussi de la résurrection possible, attendue et espérée. Thomas n’a plus besoin de toucher, car il a été touché lui-même par ce Christ qui lui découvre ses plaies, mais surtout par sa parole : « cesse d’être incrédule, soit croyant ». Voilà la vraie signature du Christ ressuscité.

A notre tour, laissons-nous toucher par le Christ, pour continuer avec lui la route de la vie.

28 avril 2019                                                                                Père Jean COURTES

Les commentaires sont fermés