Urgence et détermination ! – 13° dimanche C – 30 juin 2019

Les paroles de Jésus de ce dimanche sont insupportables. Comment peut-il refuser à un homme d’aller enterrer son père, ou de faire ses adieux à sa famille et à ses proches ? Où est la Bonne Nouvelle dans ces courtes phrases et leur ton dur ? Jésus ne nous a pas habitué à cela. Ne cherchons pas à atténuer le propos ou à expliquer l’inexplicable. Ses paroles sont là, je ne peux ni les éliminer, ni les justifier. Alors comment les accueillir aujourd’hui ?

Dans un premier temps, je les entends comme un appel d’urgence. Il ne faut plus trainer, nous poser des questions, louvoyer, il faut aller droit au but et vite. Il s’agit d’annoncer le règne de Dieu et qu’un monde nouveau arrive ; il s’agit de s’y préparer personnellement et ensemble. L’urgence est là. Si je traduis pour nous aujourd’hui, il nous faut annoncer la beauté et la joie de l’évangile à tous et en toutes circonstances. Il est urgent que nous retrouvions pour nous-mêmes le goût et le langage de l’évangile. Au lieu de vouloir rester une Eglise influente, puissante, qui a son mot à dire sur tout, que nous sachions accueillir chacun dans sa situation singulière et porter sur lui un regard de bienveillance et de fraternité comme le Christ le fait dans l’évangile. Que nous sachions accompagner avec humilité et parfois pauvreté les hommes et les femmes qui souffrent de situations cruelles et complexes. Que nous cherchions avec eux, le meilleur pour eux et pour tous. Mettons nous à ce travail pastoral chacun et ensemble. Il y a urgence !

Dans un deuxième temps, soyons déterminés comme Jésus l’est quand il marche vers Jérusalem. Le chemin est difficile, long, souvent austère. Nous allons y laisser de notre assurance, de notre tranquillité, de notre pouvoir moral. Il va falloir serrer les dents plus d’une fois car notre témoignage est plus ou moins bien reçu, car nos paroles et nos actes ne sont pas toujours très appropriés. Nous le savons par expérience, le découragement nous guette, l’envie d’abandonner, de laisser faire les autres nous tente, mais il faut tenir coûte que coûte en ajustant sans arrêt notre témoignage à ceux que nous rencontrons. Il nous faut prendre le temps de la prière et de la méditation pour que cette parole de Dieu devienne vraiment nôtre et soit vivante. Il nous faut faire confiance en celui qui nous appelle et que nous suivons, car nous savons qu’il nous amène au cœur de l’alliance et de l’amour de Dieu.

Le chantier est permanent. Allons-y de bon cœur avec l’aide de l’Esprit saint. Il y a urgence !

Père Jean COURTES

 

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