Augmente en nous la foi ! – 6 octobre 2019 – 27° dimanche C

La demande des apôtres est peut-être la nôtre aujourd’hui, si nous nous trouvons tiède, pas assez engagé, avec des questions et des doutes, hésitant dans l’affirmation de notre foi et dans la prière. En avons-nous besoin de plus ? Oui, me direz-vous, car cela me rendrait plus fort et je pourrai accomplir plus et mieux que ce que je fais. Mais la foi en Dieu se mesure-t-elle ? Peut-on en avoir plus ou moins ? Qu’est-ce que la foi ? La réponse de Jésus à ses apôtres est déroutante : vous en auriez gros comme une graine de moutarde, c’est-à-dire infiniment peu, cela vous suffirait. Or ils croient en lui, ils sont avec lui, ils le suivent.

Ce que nous appelons la foi, c’est la relation à un autre, c’est cette confiance, cet amour qui nous relie, nous unit et nous fait vivre. Croire en quelqu’un c’est accréditer sa parole, parce que c’est lui. Là, il n’y a pas de plus ou de moins. Nous le savons par expérience, nous n’aimons pas plus ou moins, nous aimons et cela nous suffit parce que nous sommes en communion. Jésus dit à ses apôtres comme à nous : croyez en Dieu, aimez et vous serez puissants pour changer le monde.

Non pour faire n’importe quoi, non pour faire du spectaculaire, non pour vous faire admirer, mais parce que vous agirez par amour de vos frères et que vous donnerez envie d’aimer. Aimer nous rend serviteur. Regardez les saints canonisés ou non, regardez la vie des moines de Tibhirine, de l’abbé Pierre, de Sœur Emmanuelle, ou de Frédéric Ozanam et de tous les anonymes qui ont donné de la vie à des frères par amour, ils ont été et sont des serviteurs de notre humanité et cela leur suffit. Qu’avons à nous glorifier de ce que nous faisons pour ceux qui sont en précarité ? Rien de plus normal et de plus basique pour un homme. Qu’avons-nous à nous glorifier de ce que nous faisons pour l’accueil des migrants ? Rien de plus normal. Le Secours Catholique, l’Action contre la Faim, Raoul Follereau se glorifient-ils de ce qu’ils font ? Non, bien sûr. Jésus nous remet les pieds sur terre : «  nous sommes de simples serviteurs, nous ne faisons que notre devoir (d’homme)».

Si nous croyons que Dieu est amour, nous savons que les autres, tous les autres sont nos frères et sœurs et que nous devons tout faire pour les accompagner, les soutenir, les aider dans leurs difficultés. Mais ils ne deviennent pas nos obligés, ils sont libres, ils ne nous doivent rien. Aimons, cela suffit ! L’amour a un pouvoir formidable non seulement sur le monde, sur les autres mais surtout sur nous. Et pour aimer, j’ai besoin d’un autre et de Dieu pour moi, croyant.

Père Jean COURTES

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