La résurrection est-elle pensable ?

Eternelle question ! Au temps de Jésus, les Sadducéens refusent d’y croire, alors qu’elle fait partie de la foi des Pharisiens. Pour eux, elle marquera la venue du Messie et ouvrira une ère nouvelle. Aujourd’hui, un français sur dix croit à la résurrection et seulement 13% des catholiques Il n’est pas évident de croire en la résurrection de Jésus et à la nôtre après notre mort. Et pourtant à voir nos cimetières si fleuri en ce temps de Toussaint, nous pouvons penser que la grande majorité des français espèrent quelque chose pour les défunts de leur famille. Quoi ? Là est la question !

Elle ne sera sûrement jamais résolue par la raison car les arguments historiques sont plus que fragiles : quelques femmes et hommes affirment qu’ils ont vu Jésus vivant après sa mort sur la croix et sa mise au tombeau. Mais tous sont ses disciples, donc leur dire ne peut être retenu comme preuve. Il y a bien sûr, la constitution des petites communautés de personnes qui se réclament de lui, mais pourquoi ne s’est-il pas manifesté à d’autres personnes à Jérusalem par exemple ? Pourquoi n’a-t-il pas bouleversé la vie du Temple comme il avait commencé à le faire ?  Pourquoi, ressuscité est-il resté si discret ? Question sans réponse, dont il faut peut-être chercher la réponse ailleurs.

Dans le champ du réel, il y a nos expériences, nos convictions, pas toujours raisonnables, mais bien ancrées, qui font notre existence. Marie-Madeleine et l’autre Marie nous disent les évangiles vont au tombeau pour accomplir les rites funéraires. Elles font l’expérience du vide, de l’absence du corps de Jésus, mais de sa présence autrement en le prenant pour le jardinier. Notre ami Thomas veut le voir net le toucher et son vœu se réalise : Jésus est là, présent au milieu d’eux. Et eux de raconter aux autres comment ils l’ont rencontré et reconnu. Pour eux tous, une nouvelle vie commence.  Cela est historique !

La résurrection des morts comme celle de Jésus ne se démontre pas. Elle est une expérience de communion comme celle de l’amour, elle se vit. Nous pouvons y croire si nous entrons dans la logique de l’amour qui se donne, se partage, devient source d’une vie nouvelle. Nous faisons tous cette expérience que ceux qui sont morts et que nous aimons sont vivants dans notre mémoire et notre cœur. Ils sont là, présents avec nous et en nous. Pour les croyants, Dieu aime les hommes et son amour ne s’arrête pas au seuil de la mort, mais le traverse, et transforme cette étape en passage vers une communion d’amour pleine et entière. Notre espérance réside dans cet amour de Dieu qui transcende la mort et qui a transformé la vie de Jésus en communion éternelle. Notre foi s’enracine dans cette certitude : notre Dieu est celui des vivants, qui nous rend vivants en nous faisant partenaires d’un amour qui est éternel. Y croire, comporte un risque !

Père Jean COURTES

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