Faire confiance malgré tout ! Luc 21, 5-19 – 17 novembre 2019

Dans cette page de l’évangile de Luc, Jésus annonce ce que nous constatons déjà : il n’y a pas de constructions humaine qui résiste au temps. Avec une quarantaine de fidèles de Notre Dame de la Sagesse, nous sommes allés, il y a 3 semaines sur les pas de saint Paul en Grèce. Philippes, Thessalonique, Athènes, Corinthe, que de ruines ! Elles parlent d’une vie passée démographique, économique, politique, culturelle, etc. Les interlocuteurs de Jésus admirent le Temple de Jérusalem, il sera détruit quelques années plus tard par l’empereur Titus. Pensons à Notre Dame de Paris. Il y a aussi des ruines qui parlent fort à nos mémoires : Oradour sur Glane par exemple, village martyre en juin1944. Aujourd’hui, certains s’alarment du changement climatique, du réchauffement de la planète, des imprévus météo et de leurs conséquences. Quelle planète laisserons-nous à nos enfants, petits enfants ? Est-ce la fin du monde ? En cette journée mondiale de prière pour les pauvres, nous pouvons penser à toutes ces catastrophes qui ont plongé et qui plongent encore des millions de personnes dans la précarité : chômage, endettement, solitude, maladie, autant de séismes qui font s’écrouler des vies.

Face à ces phénomènes, Jésus nous dit : « ce n’est pas la fin », ce qui ne veut pas dire : ne faisons rien. Au contraire, nous le savons le pape François nous incite à l’action pour sauvegarder la planète et de nombreuses associations comme le Secours Catholique, rejoignent les plus pauvres pour les accompagner fraternellement pour un mieux vivre. Nous, les chrétiens avec les hommes de bonne volonté, nous avons le devoir de rendre la vie plus vivable, plus fraternelle, et meilleure pour tous. Nous tous, ici, engageons-nous et participons à la construction d’un monde plus juste et meilleur. Des pauvres, des malades, des personnes qui souffrent ne manquent pas hélas dans notre entourage.

Jésus annonce aussi des persécutions pour les chrétiens. Quand Luc écrit son évangile, c’est le cas. Et aujourd’hui encore des chrétiens sont persécutés, chassés de leur pays à cause de leur foi. Au Liban plus d’un million et demi de réfugiés syriens. Pendant deux ans, j’ai accueilli dans ma paroisse un prêtre irakien. Nabil était de Mossoul et curé à Bagdad. Son évêque l’a envoyé en France pour le mettre à l’abri. Toute sa famille a du quitter Mossoul. Aujourd’hui, il a un frère au Liban, un autre en Australie, une sœur en Grèce. Famille disloquée par la guerre et leur appartenance religieuse. Nabil est habité par cette foi que l’Esprit saint est là, présent en lui et lui donne cette force de vie et d’espoir qu’un jour, il reviendra sur sa terre accomplir sa mission. Leurs vies, leurs témoignages sont des forces dont nous devons nous nourrir et nous appuyer pour prier avec eux et pour eux.

Oui, il y aura une fin. Notre vie terrestre n’est pas éternelle. Que faire ? Désespérer ? Pleurer sur son sort ?  La Bonne Nouvelle d’aujourd’hui est de nous dire : Dieu est avec vous. Il a fait alliance avec l’humanité en Jésus-Christ. Il l’a ressuscité car l’amour est plus fort que la mort. Si nous croyons en Dieu, persévérons dans la foi, car il tient à nous. Persévérer dans la foi s’appelle l’espérance !

Père Jean COURTES

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