1er dimanche de l’Avent

Partage sur l’Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc (13,33-37) :

 

« Restez éveillés, vous ne savez pas quand ce sera le moment ».

 

L’imprévisibilité et l’absence.
Cet Évangile nous rappelle le lien spirituel qui nous unit à Dieu et l’humilité de notre humanité.

Le maitre est en voyage. Il n’est plus présent, n’est plus visible, il n’est plus là. Mais pourtant il est toujours présent à travers l’action de ses serviteurs. Il est toujours présent par le cadre, le fonctionnement, les instructions, la vie de la maison.

Notre foi se forge dans l’absence physique, de Dieu, de Jésus qui n’est plus présent, mais n’est-il pas simplement parti en voyage en nous confiant les biens de la Terre, en nous responsabilisant ?
Nous pourrions nous sentir abandonné, et ne plus penser à Lui, vivre comme bon nous semble, sans Lui, sans lien spirituel, et de nous endormir.
Dans la parabole, ne sommes-nous pas les serviteurs invités à agir en sa présence.

« Vous ne savez pas quand ce sera le moment ».
Mais qu’est-ce que l’heure, ce moment de sa venue ?
Est-ce le moment de notre mort et ce moment décisif de la rencontre ultime et éternelle, ou est-ce à un moment notre vie, là maintenant ?

C’est sans doute les deux. Ce que l’on vit aujourd’hui et ce que l’on vivra après.
C’est une invitation à accueillir le Seigneur dès aujourd’hui sans penser outre mesure à la mort qui est ce rendez-vous au ciel, qui est une grande inconnue.

On ne sait pas quand sera le moment aujourd’hui de sa venue dans nos vies.
Et pourtant il agit.
Lors d’un moment difficile, par exemple pour un problème de santé ou pour une demande de pardon, on se confie à Dieu, on s’abandonne à lui, dépassé par une situation que l’on ne maitrise plus.
Et là, on ne connait pas le moment où il agira mais il agira. Et il vient sans que sachions le jour et l’heure. C’est toute la force de ce mystère de l’espérance et de la foi.

Le texte de l’Évangile nous explique que nous ne pouvons pas prévoir le moment de la venue du Seigneur.
Ne pas savoir le moment, c’est reconnaitre que quelque chose nous dépasse, nous échappe, qu’un évènement va arriver sans que nous en ayons le contrôle.
Quelle leçon d’humilité dans notre monde où l’homme veut être l’égal de son créateur !

Cultiver le lien spirituel peut vouloir aussi de ne pas s’attacher outre mesure aux biens matériels.

Cette posture nous invite à se laisser venir dans l’espérance comme on attend une rencontre, une rencontre décisive même s’il y a les petites rencontres que nous pouvons apprécier, savourer.

Vivre ce moment aujourd’hui,

Alors, comme un disciple, sommes-nous prêts à l’inattendu ?

 

« Il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller »

Dieu, dans un amour infini, nous fait confiance. Il nous délègue le pouvoir d’être et d’agir dans l’héritage qu’il nous confie dans une grande liberté. Cette liberté, c’est celle de le suivre ou non, de faire le bien ou de faire le mal, ou tel le 3ème serviteur de la parabole des talents, de ne rien faire.

Comment exercer notre pouvoir ? Le pouvoir, c’est exigeant. Il exige beaucoup de responsabilité, vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis des autres.
Nos décisions, nos actes ont des conséquences. Il s’agit d’être d’abord à la hauteur de ce pouvoir que Dieu nous confie.
Agir selon ses préceptes, c’est être avant tout soi-même, trouver en Lui la source de notre vie. Et chacun est voué à trouver une place, sa place selon ses capacités, selon ses dons, selon son héritage. Être, s’ajuster dans le projet de Dieu pour nous.

Alors comment agir ? Quelle place peut-on trouver dans notre communauté ? Accueillir, gérer, animer, catéchiser, prier ? Dieu ne nous force pas, il nous invite selon nos forces et nos capacités. Le chemin est tracé, le dessin est esquissé, à nous de l’emprunter, à nous de le dessiner.

Dans la parabole, l’accent est mis sur une mission, celle du portier.
C’est un rôle important dans une maison, cela fait surgir des souvenirs de maison en Afrique, gardée par un vigile qui souvent ne sait pas quand le maître de la maison arrive, et qui est toujours disponible pour ouvrir.  Le portier, c’est le 1er qui voit, c’est celui qui prévient, qui alerte. C’est aussi celui qui protège.

A quoi cela nous invite-t-il ?
A avoir le souci du monde qui nous entoure, à être attentif à ceux qui souffrent, à appeler ceux et celles qui sont seuls.
Le portier, c’est le 1er visage d’une maison, mais aussi de notre communauté, c’est aussi une main tendue, une oreille attentive, un sourire accueillant.

Alors, serons-nous être ce visage accueillant ?

 

« Ce que je vous dis là, je le dis à tous : veillez »

L’Évangile d’aujourd’hui s’inscrit dans la continuité des Évangile des derniers dimanches notamment celui sur les talents.
Il nous invitait à faire fructifier, à être prêts, à agir.
C’est une veille active, dynamique.

Mais, le mot « Veiller » peut se décliner en différentes situations :
– « Veiller sur » des enfants, une personne fragile dans une dimension d’attention, de protection.
– « Veiller à » être miséricordieux, pacifique, bienveillant.
– « Veiller avec » on n’est pas tout seul, on partage avec d’autres personnes.

– « Veiller pour », se préparer, transmettre

Autrefois on se réunissait le soir pour une veillée, partage d’histoires, de joies, de peines, on faisait mémoire. Moment privilégié pour raconter, écouter, transmettre les savoirs.

Dans notre liturgie nous avons deux veillées essentielles : la veillée de Noël et celle de Pâques.

Cette année la mort est omniprésente.

On peut veiller pour se souvenir, pour honorer la mémoire du défunt,
On espère une nouvelle vie après la mort et l’on est attentif aux proches.

Veiller, c’est ne pas oublier.

Veiller, c’est être à l’affut des signes même si on ne peut pas tout comprendre.
Pour veiller, il faut une disponibilité intérieure, une humilité.

 

Mais, alors, veiller, n’est-ce pas prier….

 

Dans un monastère, on veille pour chanter l’office des vigiles.

Les moines chantent chaque jour cet office qui se dit en milieu de nuit ou de grand matin. Pour eux, les Vigiles ont quotidiennement le sens de la Vigile pascale être dans l’attente du Seigneur.

Dans la règle bénédictine, cet office de la fin de la nuit correspond à un aspect essentiel de notre vocation de veilleurs, être dans l’attente du Seigneur, lors du passage de l’obscurité à la lumière. En effet, par cette prière matinale qui commence tous les jours par la lecture du psaume 94, nous répondons à l’appel du Seigneur de veiller pour ne pas être surpris par son retour.

Pour nous, laïcs, une vigile désigne le jour précédant une grande fête liturgique. Ainsi, la vigile pascale constitue une tradition, remontant aux prémices de l’Église. À l’origine, elle commençait au milieu de la nuit et s’achevait au lever du jour avec la célébration de la messe de Pâques. Le lever du soleil symbolisait alors la Résurrection du Fils de Dieu, la lumière chassant les ténèbres.

La vigie, le veilleur sur un bateau, veille, il voit le danger de loin pour alerter et protéger. Veiller doit être une attitude dynamique, puisque le Seigneur est parti, et qu’il doit revenir…

Alors, aujourd’hui, sommes-nous des veilleurs dans notre monde ?

Rappelons-nous le jardin des Oliviers lorsque Jésus demande à ses disciples de veiller et ils s’endorment.

Rappelons-nous nos limites…

Odile, François, Lionel, François

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