Dimanche de Pentecôte

23/05/2021   –   Dimanche de Pentecôte

Ac 2, 1-11| Ps 103 (104) | Ga 5, 16-25 | Jn 15, 26-27; 16, 12-15

C’est un Duo d’Évangile aujourd’hui, et nous avons tiré deux fils des lectures du jour, «ouverture au monde» et  «témoignage et louange» . 

– Ouverture au monde

Je vais commencer par une petite histoire, histoire partagée lors d’une liturgie des enfants à St Merry il y a nombreuses années.

Dans un petit village au creux d’une vallée, il y eut une brusque montée des eaux. Un couple voyant l’eau envahir son salon, grimpa vite sur la terrasse de la maison.

Leurs voisins, qui avaient mis en service leur canot de sauvetage, les appelèrent pour leur proposer de se joindre à eux et gagner ainsi un point haut du village.

Mais eux leur répondirent : «merci, c’est gentil, mais nous ne craignons rien ! Nous sommes croyants ! Dieu viendra à notre secours !»

Les voisins partirent.

Un peu plus tard, l’eau leur arrivait alors à la taille, une barque pilotée par des hommes de la protection civile s’approcha : «on vient jusqu’à vous, on vous emmène !».

Mais eux de répondre : «inutile, nous sommes croyants, Dieu ne nous laissera pas tomber !»

La barque s’éloigna, et eux se mirent à chanter des cantiques à plein poumon.

Le temps passa, l’eau montait toujours, elle leur arrivait maintenant aux épaules. Un hélicoptère se tint au-dessus de la maison : «on vous lance une échelle ! vous allez pouvoir grimper !» mais eux de répéter «Non, vraiment, ce n’est pas la peine, Dieu ne nous laissera pas, nous sommes croyants et pratiquants !».

Et ce qui devait arriver arriva, ils moururent.

Arrivés à la porte du paradis, ils étaient un peu remontés, et s’en prirent à St Pierre. Celui-ci les accueillit, les écouta, les réconforta se disant qu’une défaillance dans l’organisation est toujours possible.

Puis, il chercha dans son grand livre… et s’exclama : «Le canot des voisins, la barque de la protection civile et l’hélicoptère des pompiers, mais que vouliez-vous donc de plus ?»

L’esprit agit et parle dans le monde, avec la voix du monde.

A nous d’être ouverts et attentifs aux traces, toujours inédites, qu’il laisse !

Et de la lecture des actes, je retiens que l’Esprit, symbolisé par ces langues de feu, met les disciples en mouvement, les fait sortir d’eux-mêmes et de leurs peurs, leur permet d’oser parler et d’aller à la rencontre de ceux qui ne sont pas comme eux.

A nous de nous mettre en mouvement, confiants en la discrète mais constante présence en nous de l’Esprit !

A la Pentecôte, l’Esprit saint vient. Il nous invite à la louange et au témoignage.  

Dans la première lecture (Ac 2, 1-11), récit de la Pentecôte, des langues de feu se posent sur les apôtres : ils sont remplis d’Esprit saint et se mettent « à parler en d’autres langues ». Ce qui me frappe, c’est que ce don des langues, et don de compréhension, permet d’entendre « parler des merveilles de Dieu ». Ce n’est pas la connaissance pour la connaissance, pour la science, faire des projets, ni mettre une langue parlée sur son CV pour aller faire du commerce dans des firmes multinationales ni même comme volontaire international au service des pauvres…Mais parler de l’action de Dieu.

Cela me fait penser au texte sur la tour de Babel dans la Genèse (Gn 11, 1-9) ; texte qui est proposé pour la messe de la veille de la Pentecôte. « Toute la Terre avant alors la même langue et les mêmes mots ». Les hommes se mettent ensemble pour construire une ville avec une tour. Dieu s’aperçoit qu’ « ils ont la même langue », et que « rien ne pourra les empêcher de faire ce qu’ils décideront ». Ils ont une langue unique d’intercompréhension et s’unissent dans un agir volontaire : en apparence, c’est très bien, même souhaitable, de faire ce qu’on décide ensemble, mais pas quand cela est seulement une fin en soi : et c’est pour cela que Dieu les empêche de finir la tour, fait en sorte «« qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres » et les disperse « sur toute la surface de la terre ».

Lors de la Pentecôte, les hommes dispersés se rassemblent, « venant de toutes les nations sous le ciel (Ac 2, 5 ». Ils sont de nombreuses nationalités différentes (Parthes, Mèdes etc.) Le texte nous dit qu’ils « se mirent à parler en d’autres langues », et les autres les entendent dans leur langue maternelle. Ils se comprennent. Pas pour agir ensemble, ni construire des tours ou autre chose, mais pour louer Dieu pour ses merveilles. C’est la résolution de Babel. On ne revient pas à l’état antérieur ; les Actes relatent que « chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit » et non plus seulement selon la seule volonté humaine.

L’Esprit saint nous donne de louer Dieu. Et dans un second temps, de lui rendre témoignage, c’est ce que nous dit l’Évangile d’aujourd’hui (Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15). Rendre témoignage au Fils, envoyé par le Père. « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage ». Jésus nous envoie un esprit de vérité qui nous rendra capable de témoigner de lui. Il nous introduit ainsi dans la connaissance de son Père et dans le mystère de la Trinité : « Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître ». L’Esprit qui nous est envoyé est présenté comme le lien entre le Père et le Fils, qui nous donne de connaître à la fois le Père et le Fils. Puissions nous marcher sous la conduite de l’Esprit, pour cheminer avec le Christ et faire la volonté du Père.

Amen.

Catherine, Florine

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