Dimanche de la Trinité

30/05/2021 – Dimanche de la Trinité

Dt 4, 32-34.39-40| Ps 32 (33) | Rm 8, 14-17 | Mt 28, 16-20

En ce dimanche où nous célébrons la Trinité, nous remarquons à la lecture des textes proposés, que chacun d’eux nous présente une des trois entités distinctes et consubstantielles de Dieu. Le Deutéronome nous parle du Père, l’Épitre de Paul met l’accent sur l’Esprit Saint et l’Évangile de Matthieu nous raconte le fils.

Dans le Deutéronome, Dieu nous est présenté comme le créateur s’étant choisi un peuple, l’ayant libéré de l’esclavage et guidé par des actions fortes mais terrifiantes jusqu’à une Terre promise, « Terre d’Israël » dans le pays de Canaan. Dans l’Épitre aux Romains, l’Esprit Saint fait de ceux qui le reçoivent des fils regardant Dieu non plus avec peur, dans une relation de servitude, mais comme un père, un « papa », dans une relation de confiance, affectueuse. Paul nous explique que notre héritage, notre Terre promise, n’est plus un territoire tangible qui nécessite de guerroyer pour le disputer à d’autres peuples comme dans l’ancien testament. Notre Terre promise devient le Royaume de Dieu, la vie éternelle, accessible à tous. Et enfin l’Évangile de Matthieu nous montre Jésus Christ ressuscité engageant ses disciples à se mettre en marche pour évangéliser et baptiser toutes les nations y compris la Terre promise de l’ancien testament.

4 thèmes raisonnent entre ces trois textes et nous souhaitons les partager avec vous

Thème du cheminement ; Comme évoqué à l’instant dans l’ancien testament où Dieu nous est présenté, c’est le cheminement du peuple juif vers la Terre promise en gardant les commandements du Seigneur qui est mis en avant ; avec Paul, c’est le cheminement vers le Royaume de Dieu et la vie éternelle en se laissant guider par l’Esprit Saint. Et enfin c’est le cheminement actif avec Matthieu, où chacun de nous est appelé à prendre le relai de Jésus en portant la Bonne Nouvelle autour de soi, celle de cette nouvelle Terre promise.

Thème de la présence de Dieu sous forme de don en chacun de nous ; « … bonheur et longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu, tous les jours. » dans le Deutéronome ; « … vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils … » avec Paul ; « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » dit Jésus dans l’Évangile de Matthieu.

Thème de l’amour de Dieu sous-jacent à celui de sa présence ; le « tous les jours » tant dans l’ancien que dans le nouveau testament nous est apparu comme signe d’un amour perpétuellement renouvelé et donc inconditionnel. Les interventions de Dieu en faveur du peuple d’Israël, lors de la sortie d’Égypte et de la conquête de la Terre promise était déjà la preuve de cet amour privilégié de Dieu pour Israël ; la relation filiale entre Dieu et chacun de nous soulignée par Paul évoque toute la tendresse de Dieu à notre égard ; et quand Jésus dit à ses disciples dans l’Évangile de Matthieu « … baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit… » il signifie que s’établit une relation personnelle du baptisé avec le Père, le Fils et l’Esprit. Dieu ne délègue pas, il s’attache à rencontrer chacun de ses enfants.

Thème de la transmission ; dans l’ancien testament, transmission des commandements de pères en fils ; dans le nouveau testament avec Matthieu, héritage à partager au plus grand nombre « … apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » et enfin avec Paul, héritage avec le Christ.

Enfants de Dieu, nous en sommes ses héritiers, héritiers du Royaume de Dieu, de la vie éternelle, « héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. ». Il est important de noter que la conjonction « pour » ne marque pas l’intention qui devrait diriger le chrétien (comme s’il lui fallait rechercher la souffrance dans le but d’obtenir la gloire). Elle exprime la relation nécessaire entre les deux aspects d’un mystère unique de mort et de résurrection pour le chrétien comme pour le Christ. Jésus est entré dans la gloire parce qu’il a accepté filialement le chemin de salut proposé par son Père. Il n’a pas accepté docilement ou dans la crainte de déplaire ; il s’est abandonné à Dieu, à son Père. A nous aussi de privilégier la confiance et de savoir nous abandonner à Dieu dans les pas du Christ. Ceci nous ramène à Matthieu et au sacrement du baptême où nous empruntons le chemin du Christ dans le mystère de la mort et la résurrection.

Enfin, nous souhaitons vous partager un message qui nous semble transparaitre du texte de Matthieu. Quand les onze disciples rejoignirent sur la montagne Jésus ressuscité, il nous est dit que « certains eurent des doutes ». Il est intéressant de noter que Jésus n’essaie pas de dissiper ces doutes, comme il l’avait fait précédemment avec Thomas. Non, il les enjoint tous, pas uniquement ceux qui ne doutent pas, à se mettre en marche pour évangéliser et baptiser. Cela ne nous montre-t-il pas que le doute fait partie de la foi ? que transmettre la foi n’est pas incompatible avec le doute ? Ne faisons donc pas de nos doutes un frein pour notre implication dans la vie de l’Église. Nous avons vu plus haut qu’il faut savoir s’abandonner, dire « amen » (ainsi soit-il). Il faut aussi savoir rentrer dans une dynamique. Parfois, agir est un remède pour venir à bout de nos doutes. Les juifs ont coutume de dire : « fais, et tu comprendras. ». L’abandon et l’action peuvent sembler s’opposer, être en contradiction, mais ce qui leur donne un sens synergique est la parole de Jésus à ses disciples qui vient conclure l’Évangile de Matthieu « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Les disciples peuvent se mettre en route avec confiance car Jésus est avec eux, même les jours de doute, et cette présence leur donne une autorité pour parler. Cette autorité que les disciples voient en Jésus, elle lui vient de Dieu, Jésus le leur dit bien « J’ai reçu tout pouvoir ». Par lui, avec lui et en lui, l’abandon donne sens et puissance à l’action des disciples et à la nôtre.

Aussi pour cette nouvelle semaine, laissons-nous habiter et porter par la Trinité que nous fêtons, avec ou sans doute.

Mourad, Catherine, Jean-Paul

Les commentaires sont fermés.