28 juin 2026 – Trio Cécile, Lionel, Clélie

Élisée et la Sunamite – Gerbrand van den Eeckhout

(Introduction par Clélie)

A la première lecture, ces textes nous ont semblé bien compliqués et surtout l’Évangile qui apparaît comme une succession d’injonctions contradictoires surprenantes.

Or, nous avons voulu nous rappeler que la Bible est la Parole de Dieu donnée pour nous guider et nous aider à grandir dans la foi, d’où une réflexion plus profonde pour tenter de trouver des clés de lecture pour notre vie aujourd’hui.

Trois axes nous sont apparus comme étant la trame de ces différents textes qui finalement se répondent, se complètent :

1. Dieu est la source de tout amitié humaine ; (Cécile)
2. Dieu nous porte un amour inconditionnel ; (Lionel)
3. Dieu fait une promesse à l’homme. (Clélie)

I. Dieu est la source de toute amitié humaine (Cécile)

La femme de Sunam reconnait Elisée comme un homme de Dieu et cette certitude la met immédiatement dans de bonnes dispositions vis-à-vis de lui : « Je sais que celui qui s’arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu », dit-elle à son mari. Cette certitude va faire naitre une amitié solide et durable entre Elisée et ce couple.

Nous avons vu dans ce texte des Rois un certain nombre de caractéristiques qui viennent nous dire ce qu’est une amitié profonde, sincère et durable.

Dans nos vies, qu’est-ce qui fait que nous sommes attirés par telle ou telle personne et que des relations durables peuvent se nouer avec elle ?

– La confiance : elle est le fondement de la longue amitié qui va se nouer entre la femme riche de Sunam et Elisée. La femme a fait le premier pas, Elisée accepte l’hospitalité du couple et il revient toujours chez eux. Ils ont appris à se connaitre.

– La générosité désintéressée : la femme donne de son temps, de son espace, de ses ressources pour bien accueillir Elisée. Son geste n’est motivé ni par l’intérêt ni par le calcul.

– L’attention aux besoins de l’autre : l’amitié véritable est attentive et prévenante. Elisée se sent accueilli. La famille de Sunam anticipe ses besoins en lui mettant à disposition une chambre qui sera son lieu de repos dans ses périples. Elle fait preuve de beaucoup de délicatesse vis-à vis de lui.

– La réciprocité : ce texte nous apprend que l’amitié crée une dynamique de don mutuel. Touché par la bonté de la femme de Sunam, Elisée cherche à lui rendre service à son tour, en questionnant discrètement son serviteur.

– La fiabilité : la femme de Sunam a su établir un climat de sécurité qui fait que Elisée sait que la porte lui sera toujours ouverte dans cette famille.

– La fidélité : l’amitié nait de gestes concrets. Elle devient alors source de bénédiction et de vie.

Une amitié durable naît lorsque chacun cherche à aimer comme Dieu aime, avec constance, loyauté et confiance. Une amitié fidèle reflète quelque chose de l’amour divin.

II. Dieu nous porte un amour inconditionnel (Lionel)

Le psalmiste chante : « L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge ».

Ce qui caractérise en effet Dieu, c’est une fidélité qui ne se dément jamais. Son amour est constant, solide, digne de confiance.

L’amour de Dieu s’inscrit dans la durée et résiste aux épreuves.

L’amour fidèle de Dieu est source de joie et de béatitude : « Heureux le peuple qui connaît l’ovation ! ».

Saint Paul va encore plus loin. Il nous apprend que l’amour inconditionnel de Dieu est plus fort que la mort elle-même : « Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. »

Cette affirmation révèle jusqu’où va la fidélité de Dieu : il ne nous aime pas seulement quand tout va bien, il demeure auprès de nous jusque dans nos épreuves, nos fragilités et même notre mort. Sa fidélité est irrévocable.

Par le baptême, nous sommes unis au Christ dans sa mort et dans sa résurrection.

Le Christ donne sa vie pour l’humanité. Son amour n’est pas conditionné par nos mérites ou nos réussites. Il est offert gratuitement.

En comprenant cela, nous pouvons dépasser les contradictions apparentes de l’Évangile de ce dimanche.

Lorsque Jésus dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi », il pose une question de priorité et non de concurrence.

Il ne demande pas de moins aimer ses proches. Il invite à fonder tous les amours humains sur une source plus profonde : Dieu.

L’amour de Dieu n’entre pas en concurrence avec les autres amours ; il les renforce.

Autrement dit, aimer Dieu d’abord, ce n’est pas aimer moins les autres, c’est apprendre à les aimer mieux.

Jésus ne promet pas une existence sans tension. Nous savons bien que l’amour peut nous faire souffrir, surtout quand la réciprocité n’est pas là, quand les incompréhensions dominent dans la relation.

Cet évangile reconnaît implicitement qu’il existe parfois des conflits de loyauté :
– entre ses convictions et les attentes de son entourage ;
– entre sa conscience et la pression sociale ;
– entre ce qui est confortable et ce qui est juste.

Cependant, Jésus nous invite à demeurer fidèle à ce qui donne sens et vérité à la vie, même lorsque cela coûte.

« Prendre sa croix » n’est pas une invitation à souffrir davantage, mais le prix de la fidélité, le choix d’aimer quoi qu’il arrive. Toute relation authentique, toute amitié véritable, tout engagement d’amour comporte des renoncements, des risques et parfois des incompréhensions.

L’Évangile de ce jour nous invite à nous questionner : qu’est-ce qui, dans ma vie, est suffisamment solide pour orienter tous mes autres attachements ?

Le Christ ne demande pas de choisir entre Dieu et ceux que nous aimons. Il nous invite à laisser l’amour de Dieu devenir la source de tous nos amours. Alors la fidélité n’est plus une contrainte anxiogène, mais la manière de demeurer dans un amour qui accueille, qui persévère et qui ne cesse jamais de donner la vie.

3. Dieu fait une promesse à l’homme. (Clélie)

Après des paroles exigeantes, Jésus revient à un geste extrêmement simple : « Quiconque donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche… »

L’amitié commence par un geste d’accueil, une ouverture du cœur, simple et sans condition.

Ces récits nous montrent que notre vie humaine n’est pas simplement faite de sentiments, d’émotions. Ces textes sont très pragmatiques. Ils nous invitent à l’action.
– La Sunamite montre un amour qui accueille ;
– Le psaume chante un amour fidèle ;
– Paul annonce un amour plus fort que la mort ;
– Jésus appelle à un amour suffisamment enraciné en Dieu pour rester fidèle même dans les tensions et les épreuves.

La résurrection manifeste que rien ne peut détruire l’alliance que Dieu veut établir avec l’humanité. Son amour est plus fort que toutes les ruptures.

Par le baptême, nous, croyants sommes invités à vivre dans une logique de fidélité et de don. L’amour reçu devient amour donné.

Le don de l’enfant à la Sunamite symbolise que l’amitié authentique porte du fruit et ouvre un avenir nouveau. Là où règnent confiance et générosité, la vie peut éclore.

La réponse chrétienne n’est pas une règle ou une obligation supplémentaire. C’est la découverte que nous sommes déjà précédés par l’amour fidèle de Dieu, quoi que nous fassions. Cet amour est pérenne.

Le critère ultime n’est donc pas la performance spirituelle ni le sacrifice héroïque, mais la capacité à accueillir, servir et aimer, comme Dieu.

Cécile, Lionel et Clélie

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