Commencement de l’espérance ! – 2° dimanche Avent B – 6 décembre 2020

Rembrandt

Pour l’évangéliste Marc, avec Jésus débute un nouveau projet de Dieu pour le monde. L’alliance qu’il a conclu avec Moïse et son peuple a plus de 10 siècles ; les prophètes l’ont abondamment chantée, rappelée, adaptée, mais le peuple l’a travestie et peu à peu vidée de son sens. Il continue de vivre dans la violence et le malheur. Alors Dieu joue son « va-tout », il envoie son fils comme dans la parabole des vignerons homicides, car il pense qu’ils l’épargneront, l’écouteront et changeront de vie. Marc commence son évangile par l’affirmation que Jésus vient de Dieu, qu’il est son fils et qu’il réalise sa volonté : il est le Christ, l’oint, le choisi. Deux moments clés le démontreront : la profession de foi de Pierre et celle du centurion au pied de la croix : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu ».

Nous sommes invités à notre tour à faire le chemin pour découvrir qui est Jésus. Marc fait appel à des témoins pour nous accompagner et nous aider dans notre recherche. Le premier est Jean le Baptiste qui attire par sa parole et son style de vie dépouillé. Il invite au changement de vie et à un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Des hommes et des femmes font la démarche car ils veulent renouer avec leur Dieu. Ils croient et espèrent en lui pour une vie meilleure. Pour eux ce baptême est un nouveau départ, le commencement d’une nouvelle vie. Eux comme nous étaient des croyants, mais avec le temps, leur foi avait perdu du tonus, eux comme nous aspiraient à une autre vie, mais avec le temps, ils n’y croyaient plus trop, eux comme nous attendaient un signe de Dieu, c’était leur espérance et ils la proclamaient. Jean-Baptiste leur annonçait que leur attente allait sous peu devenir une réalité avec la venue de Jésus.

Quel parcours pouvons-nous faire puisque nous le connaissons presque par cœur ? Nous le savons, il ne s’agit pas d’une connaissance intellectuelle, mais pour nous de vivre avec lui, de tisser avec lui les fils de la communion. Pour cela Jean-Baptiste nous donne un conseil essentiel : allez passer un peu de temps au désert, autrement dit, prenez du temps pour vous, pour prendre du recul sur ce que vous vivez et demandez-vous où en est votre relation à Dieu et à vos frères. Nécessaire désert plus que jamais en ce temps de pandémie qui met nos relations à l’épreuve, même celle que nous avons avec Dieu. Pour avancer, nous pouvons commencer ou recommencer le parcours que Marc nous propose avec son évangile. Nous retrouverons le visage, les paroles et les gestes de Jésus. Jean le Baptiste nous invite aussi à préparer le chemin à Jésus. Qu’est-ce à dire ? En témoignant simplement de notre relation à lui pour qu’un jour Jésus trouve le terrain favorable pour être reconnu comme Fils de Dieu. Par notre témoignage nous rendons visible ce Dieu qui est invisible et qui s’est donné totalement en Jésus. Les chrétiens, l’Eglise sont chargés de défricher le chemin pour que d’autres fassent la découverte de la présence de Dieu. Ils sont ces combattants d’espérance dont le monde à tant besoin aujourd’hui.

Père Jean COURTES

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