Vivre son baptême – Baptême du Seigneur – 11 janvier 2026

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A trois semaines d’intervalles nous fêtons deux naissances : le 25 décembre celle de Jésus parmi nous et le 11 janvier son baptême où il est déclaré Fils de Dieu. Jean le baptiste plonge ceux qui viennent le voir dans les eaux du Jourdain pour les laver de leurs péchés et qu’ils renaissent à une nouvelle vie. Jésus veut être baptisé : il marque ainsi le début de sa nouvelle vie de prédicateur de l’Évangile qui le conduira à la croix et au matin de Pâques.

Le baptême de Jésus nous rappelle notre baptême. Certes, plusieurs d’entre nous ont été baptisés quelques jours ou mois après leur naissance et n’ont aucun souvenir de la cérémonie, mais nous avons plusieurs fois par an l’occasion de nous rappeler que nous sommes baptisés, chrétiens, au nom de la foi au Christ mort et ressuscité. La Vigile Pascale en est le rappel et le sommet surtout quand il y a des baptêmes d’adultes. Le catéchumène, instruit de la foi chrétienne, proclame sa foi au Dieu, Père Fils et Esprit saint. Il adhère au témoignage des disciples : Christ est ressuscité. Il reconnait que Dieu est présent dans sa vie par l’Esprit saint et il a conscience de faire partie d’une communauté : l’Église. Bref, une nouvelle vie pour lui a déjà commencée.

Nous sommes invités à nous ressaisir de notre baptême, à nous en rappeler les lignes de fond et à refaire Profession de Foi. D’abord, reconnaissons que nous sommes pécheurs sans misérabilisme, c’est à dire reconnaissons que nos vies sont plus ou moins loin de cet évangile qui est notre guide et notre maitre étalon. Nous ne sommes pas des saints même si nous le voudrions ! Ensuite exprimons notre désir de renaître, de vivre de nouveau en communion avec le Christ. La Profession de Foi en quelques phrases dit tout. Enfin, refaisons ce signe de la croix qui nous a marqué au jour de notre baptême et qui dit notre foi aujourd’hui en celui qui nous donne la vie éternelle.

Nous nous réjouissons d’accueillir des nouveaux baptisés toujours plus nombreux à Pâques et leur conversion, leur persévérance dans la foi nous touchent. Nous sommes souvent émerveillés par leur chemin parcouru, par leur changement de vie, par leur désir de suivre Jésus. Leur témoignage nous interpelle sur notre vie de chrétien. Beaucoup de ces nouveaux baptisés ne trouvent pas leur place dans nos communautés chrétiennes et cela pose un problème. Laissons-les nous questionner sur notre manière de vivre en communauté, sur nos activités ecclésiales, sur l’ouverture à d’autres formes possibles de vivre la foi. Tout cela est très sain. Si le baptême est une renaissance, il invite sans cesse au renouvellement, à la remise en question, au chemin de conversion. Il nous invite toujours à replonger dans la lecture de la Parole pour qu’elle reparle encore à notre cœur et à notre esprit, pour qu’elle irrigue à nouveau des tissus asséchés par le temps et les habitudes, pour qu’elle renouvelle l’air que nous respirons. Il nous invite aussi à poursuivre ce chemin du Christ qui est celui de la vérité, de la bonté, de la renaissance après la mort. Il nous invite à nous rappeler que tous les hommes, les femmes sont égaux en dignité, que nous sommes tous frères et sœurs en Christ. Vivre son baptême, c’est vivre au jour le jour à la lumière de l’évangile, le chemin de Jésus, chemin de foi, d’espérance et d’amour en Dieu au milieu de cette humanité en quête de vie et de paix.

Père Jean COURTES

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