La mort et la vie ! – 5° dimanche de carême A – 22 mars 2026

Maître de Coëtivy (Louvre)

Jean qui écrit 50 ans après la mort et la résurrection de Jésus, nous fait le récit spectaculaire de la résurrection de Lazare. Il place ce texte avant celle de Jésus pour nous y préparer. Que nous dit-il ? Trois dialogues structurent ce texte : celui avec les disciples, celui avec chacune des sœurs de Lazare. 

Comment comprendre la passivité de Jésus alors que l’on vient de lui annoncer que son ami Lazare est à la fin de sa vie ? Vu les liens qui l’unissaient à cette famille, ce ne peut être de l’indifférence et devant l’incompréhension de disciples, Jésus leur fait un petit cours de théologie. La mort de Lazare servira à la gloire de Dieu. Dieu seul est capable d’inverser les choses. Dieu seul est capable de faire passer de la mort à la vie. Dieu seul est la Vie ! Même s’ils croient en la résurrection des morts à la fin des temps comme beaucoup de juifs à cette époque, ils comprennent mal le discours de Jésus et surtout sa volonté d’aller à Béthanie, qui est proche de Jérusalem où il est « persona non grata ». Mais le groupe fait bloc : « allons, nous aussi et nous mourrons avec lui. »

Entre temps, Lazare est mort et enterré. La famille est effondrée, les amis sont là pour soutenir les sœurs et les accompagnaient dans leur deuil. Nous imaginons facilement la scène car nous l’avons déjà vécue et que nous savons que nous la vivrons encore. L’affection et le soutien sont sources d’espérance et de vie. Jésus arrive et avec les deux sœurs s’ouvrent un dialogue de foi. Jésus fait partie des intimes, elles sont libres avec lui, même de lui faire le reproche de son absence au moment ultime du décès. Elles affirment l’une et l’autre leur foi en la résurrection totale à la fin des temps. Jésus affirme alors à Marthe l’impensable : « Je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi ne mourra jamais. » Comment peut-elle le croire alors que son frère est au tombeau ? Pourtant à la question de Jésus : « Crois-tu cela ? », elle répond oui, elle croit que son ami Jésus est le Fils de Dieu et qu’à Dieu rien n’est impossible. Sa sœur Marie partage la même foi en lui : seul Jésus pouvait empêcher la mort de son frère. Ils se rendent au cimetière. Imaginons la scène, le tombeau ouvert, la voix de Jésus, Lazare qui se lève corseté de bandelettes dans son suaire, la stupéfaction et la joie.

La question que nous pose ce récit est celle de la divinité de Jésus. S’il est le Fils de Dieu, il peut comme Dieu donner la vie. Le croyons-nous ? La résurrection de Lazare sera simplement le signe de ce qui va se passer le matin de Pâques, car Lazare revivra la mort. Elle affirme aussi que Jésus est venu donner la vie au-delà de la mort, cette nouvelle vie qu’il partage avec le Père et l’Esprit pour l’éternité. Croyons-nous en cette vie éternelle, en cette communion avec Dieu, au-delà du passage par la mort ? Beaucoup de chrétiens n’y croient pas et pourtant c’est le miracle de l’amour : nous le savons, la mort n’a aucune prise sur notre amour et celui-ci se vit au-delà de la mort. Si Dieu nous aime vraiment comment pourrait-il nous abandonner, nous oublier dans la mort ? Croire en la Résurrection est le socle de notre foi. Cela ne sera jamais une certitude, mais c’est notre espérance et cela nous fait vivre.

Père Jean COURTES

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