Thomas : du doute à la foi ! – 2° dimanche de Pâques A – 12 avril 2026

Duccio di BUONINSEGNA 1318

Thomas, l’un des douze, est malchanceux car il a raté la première apparition de Jésus au Cénacle et n’a pas reçu l’Esprit saint. Alors quand les autres lui racontent qu’ils ont rencontré Jésus vivant, il ne les croit pas. Il veut des preuves. Thomas c’est notre jumeau, car souvent nous sommes comme lui en quête de preuves, nous voulons être sûrs que notre foi repose sur des faits réels, du solide. Thomas a droit à une visite particulière de Jésus ressuscité qui s’adresse à lui en lui montrant ses plaies et son côté. La rencontre est tellement saisissante, que la présence lui suffit, il n’a pas besoin de toucher. Le Jésus qui est là devant lui, avec lui, est bien celui qui l’a appelé à devenir apôtre, celui avec qui il a vécu pendant trois ans, celui pour lequel il était prêt à donner sa vie. Rappelons-nous, quand on annonce à Jésus que son ami Lazare est mort et qu’il veut aller à Béthanie, près de Jérusalem où les responsables religieux complotent pour l’arrêter, Thomas déclare : « Allons-y nous aussi pour mourir avec lui. » Jésus le fait passer du doute à la foi !

Et nous, où rencontrons-nous le Christ ressuscité ? Dans les évangiles qui nous rapportent la vie et les paroles de Jésus. Là, nous rencontrons un Dieu proche des hommes, qui bouleverse tout. Il rencontre Zachée, la Samaritaine, Nicodème, la femme adultère et tant d’autres. Avec tous, il a cette attention, cette écoute, qui redonne confiance, dignité, joie de vivre. Il oriente notre regard non vers le ciel, vers un Dieu surplombant, mais vers les autres, ceux avec qui nous vivons et partageons le quotidien car ils sont nos frères en humanité. Jésus nous invite avec insistance à être serviteurs, à nous mettre au service humblement et à offrir un peu de notre temps, de notre compétence, de nous-mêmes pour que les autres vivent mieux. Le Dieu de Jésus-Christ se rencontre dans le frère ou la sœur qui manque de moyens, qui est handicapé, qui a besoin d’aide. Il se rencontre dans le blessé de la vie quelle que soit la nature de sa blessure. Jésus nous invite à toucher ses plaies, à mettre notre doigt dans son côté transpercé. Il a pris et il prend encore sur lui, toutes ses blessures de notre humanité souffrante et crucifiée par la violence, la guerre et l’égoïsme des peuples et des hommes. 

Nous le rencontrons aussi dans le silence de notre cœur, dans la prière. Thomas s’exclame : « Mon Seigneur et mon Dieu », et par ces mots, il dit sa reconnaissance. Peut-être avons-nous besoin de faire de la place au silence dans nos vies. Peut-être que nous nous compliquons nos prières en les voulant trop sophistiquées, trop « bien » ! Peut-être avons-nous besoin de revenir à de la spontanéité pour laisser notre cœur s’exprimer en toute liberté. Se mettre en présence de Dieu est déjà largement une prière. 

Nous le rencontrons aussi bien sûr dans ce repas pascal qu’il nous a laissé pour qu’il soit témoin de sa présence tant que dure ce monde. En accueillant son Corps et son Sang, il nous donne un signe de sa présence et de sa Vie. 

Thomas le converti est devenu un compagnon d’Emmaüs. Il nous indique le chemin : regarde le Christ, va, suis-le, il est la Résurrection et la Vie éternelle. Sois croyant !

Père Jean COURTES

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