
En ce dimanche où nous fêtons l’Eucharistie, un peu de théologie !
Quand vous allez communier et que celle ou celui qui donne la communion vous dit « le Corps du Christ », vous savez que ce n’est pas le corps de Jésus. En effet depuis sa mort et sa résurrection, son corps n’existe plus. Depuis le matin de Pâques, impossible de vous présenter et de vous donner le corps du Christ. Alors, que fait l’Église à toutes les messes ? Que veut-elle dire à travers le don de l’hostie ? Recevons-nous le Christ à la communion ? Esquissons quelques réponses.
Dans bien des appartements il y a des photos, pêle-mêles, tableaux représentant un membre de la famille disparu. L’assassinat d’un enfant cette semaine, dont la photo est dans tous les journaux, en est un exemple. La personne n’est pas là en chair et en os, mais il suffit de la regarder pour qu’elle soit présente, vivante dans le souvenir et l’affection de ceux qui sont là. Dans toutes les grandes expositions on nous présente des vidéos de l’artiste en train de peindre, de sculpter, de composer. Nous savons bien que ce n’est pas lui ou elle en chair et en os qui est là devant nous. Et pourtant, il ou elle est là présent, nous parle et nous fait découvrir son œuvre. Quel lien avec l’eucharistie ?
Rappelons-nous le soir du Jeudi saint. A quelques heures de son arrestation, Jésus a réuni ses disciples et célèbre la Pâque juive. Il prend le pain et le vin et en change la signification en disant « ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Il ne s’agit plus de célébrer la libération du peuple de l’esclavage égyptien, mais de se rendre présent autrement après sa mort. Il ajoute : « Faites cela en mémoire de moi ». En instituant ce repas comme sacrement, l’Église a voulu et veut toujours faire mémoire de ce repas du Jeudi saint, mais aussi rendre présent Jésus ressuscité, au-delà de sa mort.
Tous les sacrements rendent le Christ présent. Ils nous invitent tous au partage et à la communion. En effet quand nous recevons le Corps du Christ et que nous répondons Amen, c’est-à-dire oui, non seulement nous reconnaissons que le Christ est présent mais nous affirmons que nous voulons entrer dans la dynamique de sa vie : le don et le partage,
Quand nous communions, nous affirmons notre volonté d’être unis à lui et de vivre en disciples, non seulement entre nous mais aussi avec toute personne. La communion crée des liens avec le Christ ressuscité et aussi entre nous. Comme le Père Henri de Lubac l’a écrit : « L’eucharistie fait l’Église ». D’où l’importance de nos rassemblements pour célébrer le repas du Christ.
En cette fête du Corps et du Sang du Christ revenons à l’essentiel : le don de sa vie. Certes nos messes pourraient être plus joyeuses, plus silencieuses, plus ceci ou cela, c’est vrai mais ce n’est pas l’essentiel. Améliorons nos rassemblements, la qualité de nos liturgies, etc., etc., mais n’oublions pas que nous sommes là surtout pour communier à la vie du Christ, non seulement pour nous mais pour la vie du monde. Nourris par lui, nous sommes invités à vivre avec lui au cœur de ce monde pour qui il a donné sa vie. Voilà la Bonne Nouvelle que nous sommes chargés d’annoncer.
Père Jean COURTES