L’évangile du bonheur ! – 4° dimanche A – 1° février 2026

Giotto

Nous connaissons bien l’évangile de ce dimanche. Il est une des pages majeures du Nouveau Testament que nous lisons chaque année à la Toussaint. Jésus prononce un discours révolutionnaire !  A chaque béatitude il prend à contre-pied notre conception du bonheur. Madeleine DELBREL écrit dans la Joie de croire : « Etre pauvre ce n’est pas intéressant : tous les pauvres sont bien de cet avis. Ce qui est intéressant c’est de posséder le Royaume des cieux, mais seuls les pauvres le possèdent. » De même ceux qui pleurent, ceux qui sont persécutés pour la justice ou pour leur croyance religieuse. Bref, Jésus semble encourager la pauvreté, la simplicité, la naïveté, alors que nous faisons tout pour maitriser nos vies et éradiquer toutes les causes qui conduisent aux situations de malheur.

Tout l’évangile, toute la vie de Jésus vont à l’encontre de cette interprétation. N’a-t-il pas passé son temps à chasser le mal en guérissant, en redonnant leur place à tous les exclus qu’il rencontrait, en rappelant que la Loi était faite pour l’homme et non le contraire. Pour Madeleine DELBREL ces béatitudes sont des invitations à le voir, lui, Jésus, dans les pauvres, les doux, les pacifistes, etc. Si Dieu est amour, si nous voulons nous aimer les uns les autres, nous savons que la simplicité, la douceur, la consolation, la miséricorde, la paix sont indispensables. Si Dieu est amour, si nous voulons nous aimer les uns les autres nous savons que nous devons regarder l’autre comme notre prochain et non comme un adversaire. Heureux ceux qui vivent ces valeurs essentielles de pauvreté, de simplicité, de douceur, de pureté, d’être attentifs à toutes les injustices et à les combattre. C’est le combat de Jésus, c’est la Bonne Nouvelle qu’il annonce.

Vivre les béatitudes continue Madeleine DELBREL c’est accepter de recevoir le Christ en nous, « c’est accepter de recevoir en nous votre visite sans a priori, sans faux pli ; c’est vous offrir un cœur si rallié à votre bon vouloir, que vos gestes s’y fassent sans rencontrer de résistance. » Elle nous invite donc à un travail spirituel de configuration, de communion avec le Christ qui demande effort, patience, prière, car « un cœur doux, c’est long à faire ; être miséricordieux n’est pas un métier de tout repos ; ceux qui veulent la paix savent qu’elle ne se défend pas par des batailles. »

Heureux sommes-nous si nous sommes sur le chemin des Béatitudes, si nous essayons de les vivre avec ceux que nous croisons, avec qui nous vivons. C’est en essayant de les vivre que nous rencontrons le Christ et que nous l’annonçons. C’est grâce à lui que nous pouvons apporter cette joie qui réchauffe le cœur et donne envie de vivre. Heureux aujourd’hui tous ceux qui seul ou avec d’autres essaient d’apporter un peu de vie dans les camps de réfugiés à Gaza et ailleurs. Heureux aujourd’hui, ceux qui apportent un peu de vie et d’espérance aux blessés de la vie à l’hôpital ou ailleurs. Heureux aujourd’hui ceux qui apportent un peu de douceur à nos vies marquées par la vitesse, le stress, la course sans fin. Oui heureux pour tous ceux-là et rejoignons les pour être dans l’allégresse et chanter avec eux l’Alléluia de Pâques 

Père Jean COURTES

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