
Elle débute dans la joie et la fête. Jésus est un peu connu, il a constitué un groupe de disciples, il a fait quelques miracles et sa parole tranche par rapport aux discours religieux officiels. Jésus s’est fait des ennemis en particulier des scribes, des pharisiens observants qui ont une autre interprétation de la Loi de Moïse. Un complot est en marche, les apôtres le savent et veulent éviter que Jésus se rende à Jérusalem. Peine perdu, Jésus est résolu d’aller y célébrer la Pâque.
Jérusalem, la Ville Sainte, le Temple, symbole de l’Alliance, lieu de pèlerinage et expression de la foi d’un peuple. Jésus monte à Jérusalem pour accomplir la volonté de Dieu, pour remplacer l’Alliance par une Nouvelle Alliance. Elle se signera dans son sang ! Le peuple, le jour des Rameaux, ne voit que l’homme providentiel, celui qui peut guérir, apaiser quelques souffrances, redonner la joie de vivre à tel ou tel, redynamiser une espérance. Le peuple reconnait en Jésus, le Messie, celui que Dieu doit envoyer et qu’il attend depuis des siècles. Hosanna, O Fils de David, bénis soit son nom !
La fête sera de courte durée. Très vite les évènements s’enchainent, le complot se met en place, le traitre se laisse fléchir par la cupidité, Jésus est arrêté un soir. Le procès est rapide, les apôtres s’enfuient, Jésus reste seul et affronte l’accusation en silence. Il est en prière quand il meurt sur la croix, sûr que l’amour du Père le sauvera de la mort.
Saint Paul a quelques phrases saisissantes pour dire l’évènement. Il écrit aux Philippiens : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur devant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom, qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers et que toute langue proclame : Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. » Quel résumé de notre foi chrétienne ! Tout est dit de ce mouvement de Dieu vers l’humanité, que le Fils prend avec lui, pour l’unir au Père par sa résurrection.
Entrons dans cette Semaine Sainte dans la confiance et le silence. Soyons en communion avec toutes les victimes de l’injustice et de la violence. Accueillons, même sans bien comprendre, ce geste du don de sa vie du Christ. Il a été fidèle à sa conception de Dieu. Il a été en communion de foi, d’espérance et d’amour avec ce Père qu’il connait et qu’il découvre au fur et à mesure de son abandon. Avec lui devenons serviteurs, avec lui puisons dans notre foi en Dieu cette force pour vaincre le mal, avec lui communions à cette vie divine du Père qui nous est offerte le matin de Pâques.
Bonne semaine sainte !
Père Jean COURTES