
Ce dimanche nous commençons une nouvelle année liturgique qui va nous inviter à la lumière des évangiles, de revisiter notre vie spirituelle. Dimanche après dimanche la parole de Jésus à travers ses rencontres va insister sur telle ou telle attitude qui incarne notre foi. Ce premier dimanche de l’Avent, c’est la veille, le fait d’être prêt qui est mis en avant et souligné.
Depuis la résurrection du Christ, le chrétien attend son retour. Pour les premiers chrétiens la mort de Jésus marque la fin d’un monde et pour eux le retour du Christ est imminent. Il va venir pour rétablir un monde de justice et de paix. Il va revenir pour arrêter l’histoire du mal sur la terre. Il va revenir pour que toute l’humanité vive en fraternité. L’histoire de Noé illustre cette attente. En son temps on vivait bien mais dans l’insouciance, le mal ne cessait de se répandre sur la terre, Dieu n’était plus entendu. Seul Noé crut et va réaliser la volonté de Dieu : sauver l’humanité en construisant une arche et en y faisant entrer un couple de chaque espèce pour que la vie continue. Nous connaissons la suite de l’histoire.
Depuis la résurrection du Christ, le chrétien sait qu’il est là présent en sa vie et au cœur du monde. Sa Parole est toujours agissante, elle éclaire notre vie, elle nous révèle la vérité des choses et des personnes. C’est pourquoi elle nous apporte une espérance. La situation du monde loin de nous désespérer nous appelle à devenir des Noés, à répondre à l’appel de Dieu de travailler pour que le mal recule et que notre humanité devienne plus fraternelle. C’est vrai que parfois nous pouvons perdre espoir vu les situations de violences qui nous entourent et qui nous atteignent, mais la parole de Jésus est toujours là pour nous inviter à être des artisans de paix. Pour cela, il faut sortir de notre sommeil et être attentifs doublement : à la parole qui nous fait vivre et aux personnes qui nous entourent. Être vigilant est la première attitude qui nous est recommandée au début de cette année liturgique.
Dans notre monde comme au temps de Noé, deux hommes seront aux champs, deux femmes au moulin, l’un ou l’une sera pris et l’autre non. Pourquoi cet arbitraire ? Nul ne le sait. Pourquoi d’ailleurs quand il y a des épidémies certains sont touchés et d’autre pas ? Mais dans l’évangile ce qui fait la différence c’est la foi. Noé croit en Dieu et en son projet, tout chrétien est invité à faire de même. Noé bouge, construit l’arche, fait entrer les couples, organise la vie et veille à la descente des eaux. Il envoie la colombe qui va revenir avec une branche d’olivier dans le bec. Le disciple du Christ est invité lui aussi à être actif pour sauver l’humanité. En faisant reculer le mal sur notre mètre carré de terrain, nous annonçons la vie. En vivant nous-même de l’amour de Dieu et en essayant d’y répondre, nous vivons comme des fils et des filles de Dieu, des frères et sœurs en Jésus-Christ. En essayant de vivre le commandement de Jésus : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », nous développons un monde fraternel. Mais pour cela il nous faut être vigilants car les forces du mal sont là, présentes en nous et autour de nous et qu’il nous faut les combattre avec l’aide de Dieu.
Soyons vigilants, il y a urgence, n’attendons pas demain.
Père Jean COURTES