Tentations et Paroles de Dieu ! 1° dimanche de carême A – 22 février 2026

Scheffer, Ary 19°s

En ce premier dimanche de carême nous lisons les tentations de Jésus. Poussé par l’Esprit dans le désert, il va être affronté aux tentations du malfaisant, à cet esprit diabolique qui sépare au lieu d’unir, qui tourne vers soi au lieu d’autrui, qui fait croire que Dieu n’existe pas. Déjà dans le jardin d’Eden il avait fait croire à Eve qu’elle serait comme Dieu ! Les trois tentations de Jésus essaient de le couper de Dieu, de séparer le Père et le Fils. Le tentateur insiste : « Si tu es le Fils de Dieu », autrement dit montre qui tu es, fais ce que seul Dieu peut faire. 

La première porte sur la faim. Après la sortie d’Égypte, dans le désert le peuple a faim. Il se tourne vers Moïse et Dieu va l’exaucer en envoyant la manne et l’eau. Le miracle n’est pas fait pour magnifier le patriarche mais pour nourrir le peuple. Jésus cite la Parole de Dieu, réaffirme son lien avec Dieu et sa vraie nourriture. La seconde est la perspective d’un miracle spectaculaire comme au pied du Sinaï quand le peuple fait le veau d’or. Là le tentateur propose à Jésus de se jeter du sommet du Temple avec l’assurance que des anges serviront de parachutes. La Parole de Dieu vient clore le bec du tentateur. Enfin la dernière est celle du pouvoir absolu. Tentation de tout peuple, que le peuple Hébreux va éprouver dès son entrée en Terre promise. Le Dieu de l’alliance ne s’est pas révélé comme un despote mais comme un partenaire. Le tentateur doit s’en aller, car le Père et le Fils sont sur la même longueur d’ondes. Il n’y a qu’un Dieu.

Ces tentations nous concernent-elles aujourd’hui ? Elles nous interrogent sur nos priorités. A quoi passons notre temps, nous adultes ? il y a le piège mortel de ne s’occuper que de soi, de son bien-être, de sa réussite, de son argent, etc. Nous connaissons bien cette tentation mais comment y répondons-nous personnellement et collectivement ? Nous appuyons-nous sur la Parole de Dieu pour résister, l’écarter, la dominer ? Avons-nous des idoles, des idéologies qui ont pris le dessus ? La parole de Dieu nous aide-t-elle à discerner, à faire la part de choses, à rester maîtres de notre vie ? Allons-nous jouer la fraternité ou l’égoïsme, le pouvoir absolu ou le partage des responsabilités ? La parole de Dieu nous rappelle à toutes ses pages l’importance des autres qui sont nos frères et sœurs en Jésus-Christ. Posons-nous toutes ces questions non pour nous culpabiliser mais pour avancer dans notre humanité sur le chemin vers Pâques. 

Ces tentations concernent aussi notre Église. Il nous suffit de parcourir notre pays, de lire un peu l’histoire de notre Église locale pour reconnaitre qu’elle a succombé à quelques tentations au cours du temps. La tentation d’accumuler des biens a été présente et l’est peut-être encore aujourd’hui. Celle d’une institution absolue, autoritaire et sans concession aussi. Croire qu’il n’y a qu’elle qui a raison n’est-ce pas une tentation récurrente ? Dans les débats difficiles sur le début et la fin de vie, elle doit rappeler le précieux de la vie qu’elles qu’en soient les difficultés, en s’appuyant sur la parole de Dieu. Mais elle doit aussi entendre et dialoguer avec ceux qui n’ont pas le même avis qu’elle. 

Sur ce chemin de Pâques, les obstacles sont nombreux, les tentations fortes, la Parole de Dieu est toujours là pour nous rappeler l’essentiel, nous relier à Dieu et nous aider à avancer avec les autres vers la communion avec le Ressuscité. 

Père Jean COURTES

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