
La Bonne Nouvelle de l’évangile de ce dimanche est formidable mais très difficile à vivre. Formidable, car nous aimerions être en communion pleine et entière avec tous ceux que nous apprécions et que nous aimons. Difficile dans le concret, tant d’exemples viennent nous rappeler qu’il ne faut pas rêver : les brouilles en famille et entre amis sont fréquentes et souvent sévères. Chacun d’entre nous peut évoquer tel frère et sœur qui a plus de 50 ans ne se comprennent plus et ne se parlent plus. Chacun d’entre nous peut regarder de plus près ses propres relations fraternelles, filiales, amicales et mettre le doigt sur des point de faiblesse, des non-dits, des tensions. Bref l’évangile de ce dimanche nous plonge dans la gestion de nos conflits et nous propose un processus de réconciliation. Bien sûr, Jésus s’adresse à ses disciples, à des hommes et des femmes qui croient à l’amour, à l’amour de Dieu pour eux et qui les envoie aimer leurs frères, leurs sœurs, leurs proches, etc.
La première étape que Jésus propose est l’écoute mutuelle. Quand quelqu’un que nous aimons ou apprécions, nous fait du mal ou commet une faute : allons le trouver seul à seul et parlons-lui, écoutons-le. Osons la rencontre vraie même si nous l’appréhendons, mais avant tout mettons-nous dans une disposition de bienveillance, ce qui suppose que nous avons pris un peu de recul, que nous dépassons nos émotions négatives et que nous sommes ouverts à la réconciliation. Bien sûr il faut de notre part beaucoup d’humilité. Heureusement ce dialogue débouche souvent sur une amélioration de la relation, le temps faisant le reste.
Si ce tête à tête ne marche pas, Jésus propose une deuxième étape : faire appel à un tiers, un médiateur. Celui-ci par sa neutralité et sa bienveillance va essayer d’objectiver les choses, de les remettre à leur juste place, de dépassionner le conflit et de redonner à la raison sa place. C’est régulièrement ma place comme conseiller conjugal et familial, où j’essaie d’écouter les deux, de faire en sorte qu’ils s’écoutent mutuellement pour retrouver le dialogue. Heureusement, les amis très proches, les intimes jouent souvent ce rôle essentiel et permettent d’assouplir la relation conflictuelle. Pensez à telle ou telle discussion difficile avec des proches qui sont en conflit. C’était compliqué, vous les avez écoutés, grâce à votre écoute leurs relations se sont apaisées, ils ont enterré la hache de guerre.
Mais si cela ne marche pas dit Jésus, faites alors appel à l’Eglise. La première communauté des disciples est une communauté de frères et des sœurs, de personnes qui se connaissent, veulent vivre la fraternité. Elle n’est pas un tribunal. Aujourd’hui les temps ont changé et beaucoup de nos communautés sont trop grandes pour vivre cela. Seuls des petits groupes peuvent jouer ce rôle de réconciliation. Souvent les communautés religieuses dans leur lieu de vie essaient de le vivre, ainsi que d’autres petits groupes qui se connaissent bien. Tous sont animés par la conviction que l’amour de Christ se vit dans le concret de la relation humaine et que la réconciliation, le pardon y sont indispensables. Et souvent ça marche !
La Bonne Nouvelle de ce dimanche est triple :
- Laissons-nous réconcilier au nom du Christ
- Sachons écouter, favoriser l’écoute mutuelle pour sortir du conflit et nous aimer mieux
- L’Eglise est un lieu où peut et doit se vivre la réconciliation au nom du Christ et la communion.
Chrétiens nous avons reçu l’Esprit saint pour cela !
Père Jean COURTES