
Ex 34, 4b-6.8-9 | 2 Co 13, 11-13 | Jn 3, 16-18
Nous fêtons aujourd’hui la Trinité, après avoir fêté Pâques et la Pentecôte la semaine dernière. Nous avons donc voulu voir comment ces textes nous parlaient de la Trinité.
Pour mieux comprendre ce passage d’Ex 34 sur lequel a porté l’essentiel de notre réflexion, il faut revenir au contexte des chapitres précédents.
Les chapitres 19 à 31 décrivent l’alliance entre Dieu et Israël : don de la Loi, organisation du culte et remise des tables à Moïse après 40 jours sur le mont Sinaï.
Les chapitres 32 à 33 racontent la rupture de cette alliance avec l’épisode du veau d’or, qui conduit Moïse à briser les tables tout en intercédant pour le peuple.
L’extrait d’aujourd’hui s’inscrit dans cette dynamique : après une alliance conclue au sommet du Sinaï, puis rompue au pied de la montagne, Dieu demande à Moïse de le rejoindre en haut du Sinaï pour y renouveler l’alliance, symbolisée par le renouvellement des tables.
Avant même de lire ce passage à la lumière de la Trinité, nous avons vu dans cette séquence une figure du chemin baptismal dans sa dimension pascale : le don initial de la vie et de l’alliance, puis la rupture conduisant à la mort par le péché (et il y a beaucoup de morts dans l’épisode du veau d’or), et enfin le renouvellement de l’alliance, qui ouvre à une vie nouvelle à l’image de la résurrection du Christ. Figure du baptême donc, vécu comme une entrée dans la mort et la résurrection du Christ.
Maintenant sur la Trinité : dans cet extrait de l’Exode, Dieu se révèle déjà comme un Dieu d’amour, de pardon et de proximité, des traits qu’il se donnera pleinement dans le Nouveau Testament. On y retrouve bien cette image du Père qui établit l’alliance et qui reste fidèle malgré le péché, celle du Fils dans la miséricorde, le pardon et la proximité avec l’homme, et enfin celle de l’Esprit Saint dans la grâce, la présence et la relation vivante entre Dieu et son peuple.
Nous avons été tout particulièrement sensibles à ce verset « Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer là, auprès de Moïse. » qui évoque une présence à la fois intime et agissante, presque perceptible au cœur de Moïse, à la manière de l’Esprit Saint.
De même, « et tu feras de nous ton héritage. » peut se comprendre comme le désir d’appartenir pleinement à Dieu, au point d’avoir un peu de lui en nous, encore une fois comme l’Esprit Saint, afin que, par lui agissant en nous, notre cœur se laisse moins endurcir et s’ajuste davantage à sa volonté.
Nous avons été intéressés de voir évoqué ainsi dès l’ancien testament une manifestation du Dieu miséricordieux et proche des hommes, dont la pleine révélation s’accomplira dans le Christ.
Après cette lecture trinitaire implicite de l’Exode, celle de Paul nous a paru beaucoup plus explicite avec la formule trinitaire clairement énoncée « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. ». Dieu est amour et paix ; en vivant nous-mêmes en amour et en paix entre nous, on vit selon Dieu, avec Dieu.
Le monde d’aujourd’hui nous parait souvent terriblement sombre et déprimant, et nous avons facilement tendance à nous arrêter à ce constat. Cet appel de Paul à vivre dans la joie et à nous encourager mutuellement nous est apparu tout particulièrement bien venu. Il nous invite à demeurer fermement enracinés dans l’espérance, même au cœur des difficultés.
Après l’Exode présentant un Dieu miséricordieux et la bénédiction trinitaire de Paul, l’extrait de Jean s’inscrit dans cette séquence en montrant l’action de la Trinité : le Père aime, envoie le Fils pour sauver, et donne la vie (par l’Esprit), révélant pleinement le mystère de Dieu.
Peu de phrases ont été autant citées que celle que l’évangile de Jean met dans la bouche de Jésus : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. ». Le terme « quiconque » a spécialement retenu notre attention. En effet, Dieu aime le monde entier, pas seulement les communautés chrétiennes auxquelles le message de Jésus est parvenu.
La fête de la Trinité célèbre la circulation d’amour entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Dieu est relation et nous invite à entrer toujours plus en relation avec lui et avec les autres.
Geneviève de Balincourt, Marie-José Ologuoudou et Jean-Paul Pasquet