Invités à changer de vie ! – 28° dimanche A – 11 octobre 2026

Eugène BURNAUD 1908

L’évangile de ce dimanche contient deux paraboles. La première, celle des invités à la noce est une allégorie, c’est-à-dire une histoire que Jésus raconte pour faire comprendre aux grands prêtres et aux pharisiens que le refus de le reconnaitre comme le Messie attendu est contraire au plan de Dieu. Depuis des siècles ils n’ont pas compris l’invitation de Dieu à changer de vie, à se convertir, à vivre l’Alliance. Des prophètes en ont payé le prix fort, ainsi que les premiers disciples. Décryptons : le roi est Dieu, son fils, c’est le Messie, Jésus. Les invités sont les juifs, les premiers envoyés, les prophètes et les seconds, les apôtres. Les derniers invités, ceux rassemblés aux croisées des chemins, sont ceux qui viennent d’ailleurs, ceux que l’on appelait à l’époque les païens, venant des mondes grec et romain. Morale de l’histoire : attention, vous pouvez encore reconnaitre en Jésus le Messie, il est ressuscité, il est vivant, il vous attend.

La seconde histoire est plus compliquée à comprendre. Pourquoi ce convive est-il rejeté, pieds et poings liés pour être jeté dans les ténèbres extérieures ? Étrange mariage où le père du marié se change en commissaire de police ! Il faut savoir qu’à l’époque, aux mariages, les riches offraient des cadeaux et souvent des vêtements neufs. D’où la surprise du roi qui remarque qu’un des convives a refusé le cadeau. Que représente ce vêtement de noce ? La robe de baptême ? Probablement pas, chez Matthieu, pour qui être chrétien c’est voir le Christ en chaque personne, en particulier celle qui a besoin de nous pour vivre. La parabole annonce le jugement dernier, comme le fera celle du chapitre 25 : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, etc. ». Le vêtement de noce serait alors celui de la justice et de l’amour. Paul utilise de temps en temps cette image : « Puisque vous êtes sanctifiés par Dieu, revêtez donc des sentiments de bienveillance, de douceur, de patience… » (Col 3,14). Isaïe aussi parle du manteau de la justice (Is 61, 10) et le psaume 85 : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ». Ainsi donc, une interprétation de cette petite parabole du vêtement de noce pourrait être : si tu veux être chrétien et vivre avec le Christ accepte le don qu’il te fait de sa vie, sois en communion avec lui, à ton tour, donne ta vie et aime tous les hommes quels qu’ils soient.

Pour nous aujourd’hui, que peuvent nous dire ces deux paraboles ? D’abord que Dieu nous envoie aux carrefours du monde pour annoncer la résurrection de son Fils Jésus. Comme Paul, nous sommes missionnaires et trop souvent nous laissons le témoignage de notre foi à d’autres. Non, notre baptême fait de nous des annonceurs de Bonne Nouvelle. Nous avons reçu l’Esprit saint, laissons-le nous conduire sur ce chemin difficile de dire la foi. La parabole, du vêtement de noce, nous rappelle le cadeau de Dieu : il nous aime tous qui que nous soyons, quelle que soit notre vie. Chacun et tous ensemble nous sommes invités à son repas de noce et à le suivre dans la communion qu’il nous propose. Pour cela acceptons son cadeau, sa vie, l’Incarnation et la résurrection de son Fils, et croyons à l’évangile. Autrement dit ne restons pas muets, reconnaissons le don de Dieu et allons à la rencontre de ceux que nous croisons pour leur dire : vous aussi Dieu vous invite à partager sa vie, sa joie et sa paix.

Père Jean COURTES

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