19 avril 2026 – Trio Catherine, Jean

Lors de notre rencontre, Annie, Jean et moi avons décidé de nous centrer sur l’Evangile.
Ce qui m’a frappé de prime abord, c’est l’importance dans le texte de la première partie :
la marche pendant laquelle, à l’invitation d’un inconnu – « de quoi discutez-vous e
marchant ? » – Cléophas et son compagnon font le récit des récents évènements.
C’est au cœur de ce qui les travaille et les peine, que Jésus les rejoint. Il prend le temps et
son écoute attentive et ouverte, libère leur parole et leur permet de faire le récit détaillé
des derniers jours :

  • La mort de celui en qui ils avaient toute confiance et grande attente
  • La perte de leur espoir de changement
    Ce texte connu et aimé a résonné pour moi différemment cette année. J’y ai entendu un
    écho à mon activité de bénévole au sein de l’association Empreintes. Mon rôle est d’y
    accompagner des endeuillés, et cela s’appuie simplement sur l’écoute, l’écoute de la
    parole de l’endeuillé, qui se traduit la plupart du temps par le récit de la mort, de la perte
    de leur avenir commun, de l’impact sur eux de cette disparition.
    Notre rôle de bénévole est juste de se faire proche et d’écouter, ce qui permet à l’autre
    de s’entendre et de cheminer. Cheminer, car comme les deux marcheurs, ils ne
    redeviendront pas comme avant. Le retour en arrière à la normale n’existe pas. Cheminer
    , oui, car il faut accepter la transformation. En effet, la mort d’un proche nous traverse et
    transforme notre manière de voir ce qui nous entoure ainsi que notre rapport à nous-
    mêmes.
    La profonde et ordinaire humanité de la rencontre entre l’inconnu Jésus et les deux
    disciples me touche : l’accueil, l’écoute, l’évocation de la tristesse et de ce qui la suscite, le
    temps partagé
    Dans le processus de deuil, laisser place au temps est fondamental, c’est ce que Cléophas
    et son compagnon expérimentent. Ce n’est qu’une fois entendus, une fois acceptés dans
    leur vécu qu’ils vont pouvoir s’ouvrir et entendre ce que Jésus va leur apporter.

Catherine C.

Pour moi le récit d’Emmaus renvoie à une expérience fondatrice.
Malgré une éducation chrétienne dès l’enfance je n’ai découvert la profondeur de
ce récit qu’au lendemain du Concile alors que, devenant étudiant, un aumônier
m’invitait à un groupe biblique où, bien que réticent car pensant déjà tout savoir,
j’y suis allé « pour voir » et …. Il se trouve que le premier texte travaillé fut ce récit
des pèlerins d’Emmaus.
Là j’ai découvert le verset 27 : « Partant de Moise et de tous les prophètes, [Jésus]
leur interpréta dans toute l’écriture, ce qui le concernait » ce fut pour moi le
déclic : Lire un texte cela s’apprend et on n’a jamais terminé de lire
fructueusement les Ecritures. J’y étais allé « pour voir » mais depuis ce jour je n’ai
jamais cessé le travail biblique … avec certains membres de ce premier groupe.
Mais qu’ai-je découvert cette fois ci ? :

  • le verbe grec pour « discutter », omilein a donné le mot Homélie (discussion)
  • Cet enchainement « rassemblement, partage de la Parole, Fraction du Pain et
    envoi » n’est-il pas une évocation saisissante du plan de toute célébration
    eucharistique ?
  • Ou encore, avec cet échange à trois sur les Ecritures, n’avons-nous pas ici le
    premier « Trio Evangile » ?
    Mais allons à l’essentiel du récit : Ici nous voyons deux disciples rentrer tristement
    chez eux après 3 années passées au milieu des apôtres avec Celui en qui ils avait
    mis toute leur Espérance et qui a été mis à mort. Tout semble donc fini et ils
    s’éloignent de Jérusalem seulement capables de ressasser le passé … et le texte
    ajoute que le soir tombe, qu’on ne peut plus avancer.
    Soudain Jésus survient et les explications des Ecritures – qu’ils croyaient pourtant
    bien connaitre – rend leur coeur tout brulant jusqu’à ce que la fraction du pain
    illumine leur regard.
    Jésus n’est plus là mais une lumière a surgi en eux… et du coup la nuit n’est plus
    un obstacle : les deux disciples ne peuvent pas garder pour eux cette rencontre ni
    attendre jusqu’au lendemain. Ils refont immédiatement en sens inverse le chemin
    de Jérusalem – 12 km (et non juste 2h de marche comme transpose la nouvelle
    traduction liturgique) ! – pour annoncer aux apôtres ce qu’ils viennent de
    découvrir : Jésus est vivant et nous pouvons traverser la pire des épreuves, si
    nous savons accueillir le Christ ressuscité, nous sommes déjà dans la Vie qui n’a
    pas de fin.

Jean G.

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