Confiance, osez une parole de foi ! – 12° dimanche A – 21 juin 2026

Cathédrale de Toulouse

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus se veut rassurant : « Ne craignez pas ; vous valez plus qu’une multitude de moineaux ; je me déclarerai pour vous devant mon Père qui est aux cieux. » Il prépare ses apôtres aux épreuves à venir. Jésus sait que sa parole sur Dieu dérange et qu’il met sa vie en danger. Ses disciples aussi vivront des heures sombres. Alors vont-ils se taire ?  Nous connaissons la réponse puisque nous lisons encore et toujours leurs témoignages. Après un premier temps de confusion, forts de l’Esprit saint reçu à la Pentecôte, ils ont pris la parole pour annoncer la Résurrection de Jésus. Ce qui leur a valu arrestations, emprisonnements et bastonnades comme nous le raconte les Actes des Apôtres.

Bien sûr, nous ne sommes plus dans le même contexte et pourtant les chrétiens d’aujourd’hui vivent un temps d’épreuves. Dans nos sociétés européennes, la foi chrétienne a façonné la vie pendant des siècles. Aujourd’hui nous vivons une certaine marginalisation et nous avons de la peine à affirmer notre foi au Christ. Comment témoigner de la résurrection de Jésus ? Comment témoigner que l’évangile peut être aujourd’hui un guide de vie avec des repères importants pour un monde nouveau ? Comment donner le goût et l’envie à d’autres d’aller à la découverte de celui qui nous invite sans cesse à l’amour et au don ? 

Qu’entendons-nous dans le secret que nous devons proclamer ? A coup sûr, que la vie est plus forte que la mort, qu’avec Jésus la puissance de la vie peut traverser toute l’ignominie du monde. Par sa résurrection, nous faisons en nous-même cette expérience de la puissance de l’amour de Dieu en nous. Avec lui, grâce à lui et à la force qu’il nous donne, nous sommes précédés par une espérance qui nous pousse en avant et nous réjouit. Voilà la Bonne Nouvelle dont nous vivons et que nous pouvons facilement transmettre. Plein d’occasions nous sont offertes : tel ami est assommé par la nouvelle d’un cancer, aidons-le à ne pas baisser les bras, telle personne est au chômage depuis plus d’un an et commence à désespérer, soyons là, présent à ses côtés pour l’épauler afin qu’elle tienne le coup, tel jeune est blessé par un amour déçu, écoutons sa souffrance et ouvrons-lui les portes du sourire, etc. Il s’agit par nos paroles et nos actes de témoigner de cette puissance de vie qui nous habite parce que nous sommes ancrés en Christ.

Cet évangile nous bouscule et nous pousse à sortir de nos églises pour affirmer haut et fort notre foi au Christ. Certes, la foi chrétienne n’a pas changé nos sociétés, elle n’a pas fait reculer l’individualiste et l’égoïsme aussi bien des individus que des peuples, mais elle propose à temps et à contre-temps une voie de bonheur : aimer ! Sans être défaitistes nous pouvons dire qu’il y aura toujours des guerres, la mort, la maladie, etc., et que c’est dans ce monde-là tel qu’il est que nous devons vivre et aimer. Comme l’a prié saint François d’Assise que « nous soyons des instruments de paix, que là où est la haine nous mettions l’amour, que là où est l’offense nous mettions le pardon, que là où est la discorde nous mettions l’union, que là où est le désespoir nous mettions l’espérance et là où est la tristesse nous mettions de la joie. » Par nos paroles et nos gestes concrets, notre mission de chrétien est de réveiller notre monde à cette fraternité. Le message que nous a confié Jésus est libérateur. A nous de le porter en le vivant.

Père Jean COURTES

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