21 juin 2026 – Trio Annie, Jean, Geneviève

Jérémie pleurant la destruction de Jérusalem – Rembrandt

Hier comme aujourd’hui :

Comment Jésus peut-il dire « même les cheveux de vos têtes sont tous comptés. » « Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux » ??? Alors que la terre est dévastée par les conflits, le manque de respect de la nature et de ses habitants.

Je comprends Jérémie qui pleure, non sur lui mais sur Israël et sur Jérusalem. Prophète obéissant à Yahvé, il annonce la destruction de toute sa ville. Elle est ravagée, son Temple détruit et ses habitants sont déportés. Il résiste, il reste.

Il avait demandé aux gouvernants de parler avec les ennemis. Non, seulement, il n’a pas été écouté, mais en plus il a été emprisonné, battu…Et c’est pour cela qu’il demande justice… car ses proches, ses amis se détournent de lui pour se faire bien voir du pouvoir.

Il prie : « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur, il a délivré le malheureux de la main des méchants»…

Ismaël et Isaac sont fils d’Abraham… Sarah la servante, mère d’Ismaël est obligée de fuir dans le désert. El les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie sont de cette branche. Les Israéliens sont descendants d’Isaac. Ils sont frères dans ce pays qui leur appartient….

Et, aujourd’hui, dans le même pays, la même terre, à nouveau, la destruction des maisons, de lieux de vie, les morts des civils, les déportations … Et tous les jours nous en voyons des images, nous écoutons des témoignages….

Ziad Medoukh, palestinien, professeur de français, écrivain, non un prophète, mais un témoin, est resté malgré sa maison détruite… Sa ville Gaza n’est plus que pierres et désolations. Il témoigne, pleure, appelle ses amis de par le monde. Il nous confie ses poèmes. « Bombes d’épouvante qui tombent…Victimes innocentes…Le sang n’a pas fini de couler… » et il dit son espérance, sa foi dans l’avenir :

« Ecoute bien ma petite fille. Je sais que tu vis au milieu d’un désastre total. Violences, famine et déplacements forcés… …. Sois courageuse, accroche-toi à ta scolarité…la plume est plus forte que les armes…Un jour, tu trouveras la paix et la liberté.

Dieu nous aime. C’est certain. Avec les Hébreux, il a tendance à leur reprocher leurs désobéissances aux commandements remis à Moïse.

Pour Jesus, son fils, il nous aime tellement qu’il se préoccupe de chacun d’entre nous, et même des plus petits, comme les moineaux.

Tout l’enseignement de Jésus est basé sur l’amour des uns pour les autres et nos attentions aux faibles, aux enfants… C’est le sens que nous donnons à nos partages qui est important. Même un verre d’eau signifie notre tendresse. Le Notre Père et les Béatitudes sont le condensé de ses paroles.

Il nous aime tellement qu’il nous a donné la liberté et confié la terre et ses habitants.

A nous d’agir pour qu’elle soit notre lieu d’accueil, de partages et de paix !

Geneviève P.

Après le commentaire de Geneviève je voudrais dire un mot sur les deux injonctions de Jésus à ses disciples qu’il vient d’envoyer en mission.

D’abord surmonter la peur : Ne craignez pas les hommes…Ne craignez pas ceux qui tuent le corps…Soyez donc sans crainte. De fait qui n’est pas rempli d’hésitation quand l’occasion se présente de témoigner de sa foi ? Effectivement témoigner de sa foi, hier comme aujourd’hui n’est pas simple, dès que nous sommes sortis de nos églises où nous sommes un peu comme dans un cocon à l’abri des critiques du monde… Mais la foi en Jésus-Christ, que nous décrit la lettre aux Romains, n’est pas faite pour rester cachée dans nos placards…

N’ayez donc pas peur de témoigner ce que qui vous fait vivre…Craignez plutôt ce qui peut faire périr l’âme … comment ne pas penser aux développements incontrôlés de l’intelligence artificielle contre lesquels la récente encyclique vient de mettre en garde non seulement les chrétiens mais l’humanité entière. N’y a-t-il pas un risque de perdre notre âme ?

Ensuite parler clairement : Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé…

…dites-le en pleine lumière…proclamez le sur les toits…quiconque se déclarera pour moi devant les hommes…

Plus qu’à un prosélytisme simplet, n’est-ce pas une invitation à vérifier que les mots que nous utilisons pour dire le message chrétien du Salut sont audibles dans la culture de notre époque ?

Aujourd’hui plus qu’hier, nous constatons que tout se sait ou finit par se savoir… mais n’est-ce pas une invitation à réfléchir aux conséquences de nos propos et à la façon dont ils peuvent être interpréter avant de parler …

Pour moi cette péricope renvoie à une autre, que nous avons bien du mal à suivre : devant le Fils de l’Homme « que votre oui soit oui ».

Jean G.

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