
En lisant les textes de ce dimanche, c’est l’Évangile qui m’a le plus interpellé.
J’ai été frappé par le revirement de situation où le roi passe d’une humeur joyeuse, festive, en invitant tout le monde au banquet de son fils, à une colère noire qui le pousse à chasser un invité jugé indigne, parce que sans habit de noces.
J’ai d’abord trouvé paradoxale cette attitude consistant à chasser une personne, certes mal habillée, mais qui est venue, sans avoir certainement eu le temps de se préparer, l’invitation étant soudaine.
C’est le roi lui-même qui dit à ses serviteurs :
« Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce ».
Le roi peut paraitre excessif dans sa réaction, mais les Évangiles, dans d’autres passages, nous avertissent : « Le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas ». Jésus demande à plusieurs reprises à ses disciples de « se tenir prêt », de « veiller et de prier en tout temps ».
Cela suppose donc que nous prenions le temps de préparer notre cœur pour que notre décision de suivre Jésus soit un choix franc et cohérent.
Aujourd’hui, notre monde ne facilite pas toujours ce choix.
Il peut être tentant de se réfugier derrière son confort pour ne pas voir la souffrance autour de nous.
Personnellement, je trouve que la réalité de notre monde actuel fait peur.
Quand je vois des sans domicile fixe, des adultes sans emploi, des gens qui ne mangent pas à leur faim, des vieux comme des jeunes qui font la manche dans le métro… je me dis que les difficultés de la vie peuvent certainement endurcir le cœur et empêcher de se préparer et donc d’être prêt pour suivre le Christ.
Je veux prier pour tous ceux qui souffrent, qui dorment dans la rue, qui ont froid, qui n’ont plus la force de répondre à l’appel du Seigneur parce que la vie les a blessés, meurtris.
Samuel
Moi, j’ai été beaucoup plus sensible au message d’espérance des textes de ce dimanche.
Le Prophète Esaie nous dit que :
« Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple. »
Dans sa lettre aux Philippiens, Paul nous rappelle que l’être humain peut connaître les moments les plus difficiles : vivre de peu, souffrir la faim, connaître des privations, être dans la gêne, mais que nous pouvons tout surmonter grâce à une seule force, celle que Dieu nous donne.
L’apôtre Paul nous invite à rester ancrer dans notre foi, à croire en Jésus malgré nos peurs et nos faiblesses.
Il y a quelques jours, lors de sa visite en France, c’est cette même espérance que le pape Léon XIV est venu nous redonner en nous exhortant à être des acteurs conscients pour rejeter l’égoïsme, la vanité, la culture du « tout avoir », pour devenir les « Saints de France ».
Je veux prier pour que le Seigneur nous aide à fuir l’orgueil et la cupidité qui peuvent emprisonner nos cœurs et nous empêcher de nous ouvrir aux autres.
Je veux prier pour que le Seigneur nous aide à ouvrir nos cœurs et à entendre son appel, pour devenir plus généreux, plus solidaires et toujours plus attentifs les uns envers les autres.
Alexiane
Dans une ambiance de fin des temps où notre monde présente tant de visages de désolations : des incendies, des inondations, des guerres, des révoltes et j’en passe, les textes de ce dimanche viennent nous rappeler notre filiation à Jésus en même temps que notre responsabilité de fils et fille de Dieu.
Notre choix de suivre Jésus ne peut pas être tièdes. « Dieu vomit les tièdes » nous dit Saint Jean dans l’Apocalypse.
Notre responsabilité, c’est l’engagement, le service, l’attention aux plus fragiles, même si ce n’est pas toujours facile.
Saint Paul nous exhorte au courage et à la confiance parce que Notre Dieu est présent dans nos vies comme un Père qui veille sur ses enfants, quoi qu’il arrive :
« Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure », nous dit aussi le psalmiste.
Quoi que nous vivions, Notre Père est là au milieu de nous. Sans cette foi, sans cette espérance, ce monde serait vain pour moi. Or, je ne crois pas que notre Dieu soit insensé.
Je conclurai avec cette prière de Charles de Foucauld (1858-1916) qui va nous accompagner tout au long de cette année :
« Mes enfants, quoi qu’il vous arrive, souvenez-vous que Je suis toujours avec vous.
Souvenez-vous que, visible ou invisible, paraissant agir ou paraissant dormir et vous oublier, Je veille toujours, Je suis partout, et Je suis tout-Puissant.
N’ayez jamais nulle crainte, nulle inquiétude : Je suis là, Je veille, Je vous aime …, Je suis tout-Puissant. Que vous faut-il de plus ?
Souvenez-vous de ces tempêtes que J’ai apaisées d’un mot, leur faisant succéder un grand calme.
Souvenez-vous de la façon dont J’ai soutenu Pierre marchant sur les eaux (Mt 14, 28s).
Je suis toujours aussi près de chaque homme que Je l’étais alors de vous …
Ayez confiance, foi, courage ; soyez sans inquiétude pour votre corps et votre âme (Mt 6, 25), puisque Je suis là, tout-Puissant et vous aimant.
Mais … que votre confiance ne naisse pas de l’insouciance, de l’ignorance, des dangers, ni de la confiance en vous ou en d’autres créatures…
Les dangers que vous courrez sont imminents : les démons, ennemis forts et rusés, votre nature, le monde, vous font constamment une guerre acharnée …
En cette vie, la tempête est presque continuelle, et votre barque est toujours près de sombrer.
Mais moi Je suis là, et avec moi elle est insubmersible.
Défiez-vous de tout, et surtout de vous, mais ayez en Moi une confiance totale qui bannisse toute inquiétude.
Ainsi soit-il. »
Cécile